Avec 200 km de lignes composant le Grand Paris Express, on disposait de l’embarras du choix quant au lieu d’implantation de la Fabrique du métro. C’est finalement en Seine-Saint-Denis, à proximité de l’écoquartier des Docks de Saint-Ouen qu’elle a élu domicile. Un choix qui ne doit rien au hasard…

Grand Parc de Saint-Ouen

Si on vous parle marché aux puces et Red Star, vous pensez Saint-Ouen. Son écoquartier des Docks intégrera-t-il demain la liste des attraits touristiques de la ville ? Ce quartier qui sort de terre s’impose comme l’une des nouvelles centralités du Grand Paris. La matrice de ce rayonnement ? Le désenclavement. L’écoquartier sera desservi par la ligne 14 via Mairie de Saint-Ouen. Il bénéficiera en outre de sa proximité avec Saint-Denis Pleyel, la plus grande gare du nouveau métro en nombre de voyageurs où convergeront les lignes 14, 15, 16 et 17. C’est ce territoire en transition, emblématique de la transformation en cours de la métropole, qui sert d’écrin à la Fabrique du métro, le lieu d’expositions et d’expérimentations consacré au Grand Paris Express. 

Un passé industriel

À l’époque où Paris se déchargeait sur ses banlieues, Saint-Ouen était l’une des nombreuses communes de la « petite couronne » qui accueillaient les usines que les Parisiens ne voulaient pas sur leur sol. Une population ouvrière peuplait cette ville et travaillait dans les infrastructures industrielles situées à proximité de la Seine. La Seine dont les bords abritaient l’avant-port de la capitale, créé en aval de Paris afin d’éviter les difficultés de la navigation intramuros. Les docks reliaient le fleuve aux réseaux de chemin de fer, dont les rails encore apparents, connectait toute la petite couronne entre elle.

Une époque révolue depuis que les usines ont délaissé les lieux, à la fin du XXème siècle, laissant une vaste friche abandonnée. Les territoires vidés de l’essentiel de ses activités ont laissé place à l’écoquartier des Docks. Qui dit  écoquartier dit règles et quête d’harmonie. La composition sociologique, tout d’abord : si les immeubles flambants neufs accueillent pour moitié des Parisiens qui ont franchi le périphérique, la mixité reste garantie grâce à la présence de 40% de logements sociaux. Le cadre urbain ensuite fait la part belle à la nature puisqu’un parc urbain de 12 ha aux herbes sauvages non loin de la Seine plonge les promeneurs dans une ambiance champêtre. Enfin, les constructions sont ancrées dans l’avenir et répondent aux meilleurs standards pour limiter la déperdition d’énergie. L’école primaire, équipée de panneaux photovoltaïques fixés au préau, génère même une facture énergétique… négative !

Balade urbaine à l'occasion des Journées Européennes du Patrimoine en 2018

Cœur de la Région

Signe de la centralité croissante du quartier : l’Hôtel de Région y bat désormais pavillon. À proximité, les anciennes halles Alstom sont démontées, désamiantées et remontées afin d’abriter une école de design et un véritable village gastronomique, permettant à une vraie vie de quartier de foisonner. L’écoquartier des Docks ne sera donc ni une banlieue dortoir ni un espace déshumanisé. Des liens humains se sont tissés très en amont puisque les habitants avaient organisé une fête des voisins avant même que leurs immeubles aient fini d’être construits. Le weekend, de grandes tablées sont dressées sur une place centrale pour des parties de pique-niques géantes.

Le quartier a donc fait peau neuve. Pourtant, le passé industriel, largement dissipé dans le paysage, ne s’est pas effacé. Syctom et CPCU : quelques rares usines aux dimensions de cathédrale émergent entre les immeubles. Toujours en activité, elles se sont intégrées à l’environnement urbain, adaptant la couleur et la texture de leur imposante toiture, tandis que la végétation galope sur leurs flancs.

C’est donc ici, à proximité des futures lignes de métro, à deux pas du futur village olympique et au cœur d’un espace en pleine transformation urbaine que se love la Fabrique du métro. Dans un tel cadre, difficile de se plaindre d’être en panne d’inspiration…