Après « Steffie-Orbival », patronyme du premier tunnelier du Grand Paris Express, comment s’appellera le deuxième ? Cinq écoles rivalisent d’imagination dans le cadre du concours de parrainage lancé par la Société du Grand Paris. Reportage à Champigny-sur-Marne, dans une classe de CM1.

En ce jeudi après-midi, les élèves de CM1 de l’école élémentaire Jacques Decour sont en pleine effervescence. Le temps est compté puisqu’il ne leur reste plus que quelques jours pour peaufiner leur dossier de candidature, sur lequel ils buchent depuis le mois de novembre. Divisés en plusieurs ateliers, ils s’activent, en mesurant, en découpant, en peignant et en écrivant minutieusement. Leur volonté de bien faire est réelle, à en juger par toutes les questions qu’ils posent à leur enseignante, Mme Toussaint, avant d’effectuer la moindre tâche. À la clé : une invitation au lancement du deuxième tunnelier du Grand Paris Express, sur lequel sera gravé le nom désigné par la classe lauréate, qui deviendra officiellement sa marraine.

Usagers de demain

Quand on demande à ces élèves la définition d’un tunnelier, la réponse est unanime : « C’est ce qui creuse le nouveau métro ! ». La réalisation des tunnels reste encore un peu abstraite pour les enfants du Grand Paris, mais cette compétition inter-écoles est justement une façon originale de les sensibiliser, dès leur plus âge, à la construction d’un projet comme le Grand Paris Express. Pour ce premier volet, ce sont des établissements scolaires de Champigny-sur-Marne, mais aussi de Noisy-le-Grand et Villiers-sur-Marne qui ont joué le jeu. Demain, ces écoliers seront les premiers à profiter des avantages de ce réseau en rocade, grâce auquel les temps de trajets entre leurs communes respectives seront réduits.

« Je veux apprendre »

Comme le veut la tradition, un prénom féminin, habituellement désigné par les compagnons du chantier, doit être donné au tunnelier, ainsi placé sous la protection symbolique d’une marraine. Le nom choisi par la classe de Mme Toussaint découle d’un exercice instauré au début de l’année scolaire par l’enseignante. À l’aide d’indices quotidiens qu’elle leur fournissait, les élèves devaient découvrir qui se cachait derrière « Le citoyen mystère » en menant leurs propres recherches. Parmi les personnalités évoquées, des femmes illustres : Marie Curie, Rosa Parks, Malala Yousafzai… Le prénom de cette dernière a finalement été retenu pour le tunnelier après un vote de la classe à main levée.

À partir de l’histoire de cette jeune pakistanaise, qui a remporté le prix Nobel de la paix en 2014, les enfants ont réalisé différents travaux pour étoffer leur dossier de candidature : calligrammes en forme de livres et de crayons, acrostiches et poèmes apposés sur des fleurs en papier, citations de Malala tissés sur un grand cerf-volant fait main, mascotte du projet.

Mais c’est surtout grâce à une chanson, justement intitulée « Je veux apprendre », et pour laquelle ils se prêtent sans broncher au jeu de l’enregistrement vidéo, que ces élèves enthousiastes espèrent bien remporter ce concours, à la fois ludique et pédagogique. Le suspense est entier, car ils sont en compétition avec quatre autres classes, elles aussi déterminées et créatives. De quoi alimenter les délibérations du jury. Le verdict est attendu courant mars !