Le tunnelier Sarah vient de démarrer le creusement d’un tunnel à partir du chantier Puits du Canal à Aubervilliers en direction de l’ouvrage Finot, situé à Saint-Ouen-sur-Seine. Au cours de sa progression, il devra relever un défi technique de taille : passer sous le faisceau ferroviaire du Landy, le plus important d’Europe. Une mission qui nécessite une collaboration parfaite entre les équipes de SNCF et de la Société du Grand Paris. 

 

Tunnelier Sarah
Levée et descente de la coupe du tunnelier Sarah au Puits du Canal, à Aubervilliers.
                              

42 voies, 280 m de largeur, passage quotidien de plus de 1 000 trains : tels sont les chiffres impressionnants associés au faisceau ferroviaire Paris Nord, sous lequel va passer, pendant une vingtaine de jours, le tunnelier Sarah début 2021. Situé entre le quartier Pleyel à Saint-Denis et le quartier du Landy, près de la gare du RER D Stade de France - Saint-Denis, ce faisceau de voies est le troisième plus important au monde en termes de trafic, derrière ceux de Tokyo et Chicago.

Un faisceau stratégique en Europe

Le transport de voyageurs occupe 11 des 42 voies. Le faisceau du Landy est en effet un axe de circulation majeur sur le plan régional, national et européen.

Il est utilisé par :

  • la ligne D du RER,
  • la ligne H du Transilien,
  • les TER desservant les Hauts-de-France,
  • le TGV direction Arras – Lille – Dunkerque.
  • la ligne à grande vitesse Nord Europe, sur laquelle circulent le Thalys et l’Eurostar.

Les autres 31 voies de service sont affectées à des opérations de manœuvre et à la maintenance du matériel. Elles permettent l’accès au Technicentre du Landy, qui s’étend sur 30 ha et comprend près de 27 km de voies ferrées. Il assure notamment la maintenance de tous les trains au départ de Gare du Nord, hors Transilien.

Le faisceau du Landy, le troisième plus important au monde.

Pas d’interruption du trafic ferroviaire

Tout l’enjeu pour Sarah sera de progresser en toute sécurité en-dessous de ce faisceau, le plus dense d’Europe. Pour ce faire, avant le démarrage des travaux, des sondages géotechniques ont été réalisés pour déterminer les caractéristiques mécaniques des sols. Et une surveillance de la géométrie de chacune des 42 voies sera assurée lors du passage du tunnelier, via des capteurs terrestres (théodolites et prismes réflecteurs), afin de détecter en temps réel le moindre signe de tassement. Car lorsque Sarah creusera à vitesse réduite 25 mètres sous terre, sept jours sur sept, 24 heures sur 24, la circulation des trains se poursuivra en surface. Une prouesse qui suppose une parfaite coordination entre les équipes de la Société du Grand Paris et celles de la Mission Sécurité Ferroviaire de la SNCF.

Au total, trois tunneliers du Grand Paris Express passeront sous ce faisceau ferroviaire :

  • Sarah pour le tunnel commun aux lignes 16 et 17,
  • Valérie pour le tunnel de la ligne 14 Nord,
  • Un tunnelier de la ligne 15 Est.


Au fil du parcours du tunnelier Sarah

Le parcours du tunnelier Sarah, qui représente un tunnel de 2,6 km entre le chantier Puits du Canal et l’ouvrage Finot, tronçon commun aux lignes 16 et 17, croise d’autres avoisinants sensibles.

En plus du creusement sous le faisceau du Landy, la machine va creuser :

  • sous les tunnels de l’autoroute A1,
  • sous le tunnel de la ligne 13 du métro,
  • le long de la gare RER de Stade de France – Saint-Denis,
  • près des piles du pont de l’autoroute A86 qui franchit le canal de Saint-Denis, sous lequel la machine progressera.


Priorité à la voie fluviale

La proximité du canal permettra l’évacuation de plus de 400 000 tonnes de terres, avec un pic de 3 500 tonnes par jour au plus fort de l’activité du tunnelier. Les bateaux de 350, 450 ou 650 tonnes seront chargés 24h/24 par le biais d’un convoyeur qui assurera, sans rupture, le chargement des déblais dans les cales. Des stockages flottants seront nécessaires pendant la nuit, quand le canal sera fermé à la circulation. Le temps de navigation vers le port de Gennevilliers, où se situe une plateforme spécialisée dans le recyclage et la valorisation des déchets du BTP, sera d’environ 4h30. Utiliser la voie fluviale présente l’avantage de réduire significativement l’émission de CO2 dans l’atmosphère par tonne de déblais évacuée et de diminuer le nombre de poids lourds sur les routes environnantes.

Retrouvez les images du lancement du tunnelier Sarah :