À la suite de nombreux essais, les traverses béton ont été qualifiées. La fabrication en série peut commencer.

Sur la ligne 15 Sud, le Grand Paris Express se prépare à passer à la vitesse supérieure. Les tunnels sont en train d’être creusés et les voussoirs posés. Et bientôt les traverses, éléments principaux d’interface  avec les rails, seront disposées sur le radier. Leur rôle est essentiel puisqu’elles permettent de supporter les rails, maintenir leur écartement et transmettre les charges ferroviaires à l’infrastructure. Il ne manquera alors plus que les rails pour que les galeries prennent vraiment l’aspect de tunnels ferroviaires.

Leur développement s’est fait dans le respect le plus scrupuleux des normes ferroviaires. On ne rappellera jamais assez qu’en matière de transport ferroviaire, le principe de sécurité prime sur tout. On fait surtout évoluer, mais on innove peu. Les règles de sécurité à respecter sont particulièrement draconiennes, c’est pourquoi les ingénieurs ont développé des traverses à partir de procédés déjà éprouvés. Pour le Grand Paris Express, on a ainsi repris les mêmes concepts que pour les traverses monoblocs équipant le viaduc de Courbessac, en service sur le réseau ferré national à Nîmes depuis 2013.

Performance vibratoire

Les traverses sont insérées dans une enveloppe et partiellement noyées dans une dalle béton. Les prototypes ont passé toute une batterie de tests pour obtenir leur qualification. Des essais qui visent à vérifier au moins deux conditions : la résistance mécanique et l’atténuation des vibrations. Et le Grand Paris Express va même au-delà des normes en vigueur.

Ces tests de diverses natures sont effectués en laboratoire. L’un d’eux, les essais de charges répétitives, consiste à accélérer leur vieillissement pour analyser leur réaction face à cette usure. Alors que les normes européennes imposent de faire subir trois millions de cycles, la Société du Grand Paris en a effectué… 15 millions ! Concrètement, en l’espace de cinq semaines, on a sollicité la traverse comme l’équivalent de cinq années d’exploitation à plein régime. Les traverses en sont sorties intègres.

Traverses


Ces traverses ne sont pas toutes similaires, leur performance vibratoire varie en fonction de nombreux paramètres, en particulier selon ce qu’il y a au-dessus, en surface : la Seine et autres cours d’eau, des industries, les activités tertiaires, des habitations... Lorsque ce sont des logements en surface, on vise la qualité optimale pour atteindre les performances vibratoires requises, et sécuriser ainsi au maximum les habitants vis-à-vis d’éventuelles nuisances.

En janvier 2020, les premières traverses sortant des usines seront installées entre Noisy - Champs et Les Ardoines. Avec une durée de vie estimée à plus de 50 ans, elles supporteront bien des voyageurs…