Les palissades de chantier représentent la condition du démarrage des travaux. Pour comprendre comment elles sont fabriquées, nous sommes remontés à la source, dans les locaux de LGInvestissement, une entreprise francilienne spécialisée dans la réalisation de clôtures.

« Pour le Grand Paris Express, tout démarre de là » : Norbert Asselin, directeur marketing et développement, désigne la bobine autour de laquelle est enroulée la tôle. De la tôle qui sera ensuite déroulée, taillée, cisaillée, poinçonnée et pliée pour devenir une clôture délimitant l’emprise d’un chantier. À chaque chantier correspond une couleur. On distingue le vert et le bleu de la RATP, l’orange du tramway d’Orléans… C’est un vrai arc-en-ciel qui est descendu dans ce décor industriel peuplé de soudure et de machines. À côté, la profileuse s’active pour faire des U et des cornières, tandis qu’un robot soude les tubes avec ces cornières et les pattes d’accroches. 

Nous sommes dans les locaux de CISABAC, filiale de LGInvestissement situés à Corbeil-Essonnes. On y profile les tôles. D’abord pour les bâtiments industriels. Et ensuite pour les clôtures de chantiers, dont celles du Grand Paris Express. On identifie effectivement la couleur grise des clôtures du nouveau métro francilien - qui correspond au RAL 9006. L’activité de la PME de 200 salariés est répartie sur neuf sites dont certains fonctionnent sur un rythme des 3x8. Un de ses sites est établi dans les anciens locaux de Renault F1. Tout un symbole pour cette société qui a mis le turbo depuis sa création, en 1987. Elle occupe désormais la première place en France pour la fabrication de clôtures.

Le nombre de chantiers qu’elle a balisés de ses clôtures est impressionnant. Elle a récemment fourni celles des chantiers du tramway de Casablanca (200 km de clôtures), des Halles et de la Philharmonie de Paris, le quartier de la Confluence à Lyon, la rénovation de la Maison de la Radio, etc. C’est aussi ici que le plot octogonal des travaux, que l’on voit partout, a été conçu il y a une vingtaine d’années.

De l’acier 100% recyclable

On ne réalise pas l’ampleur des travaux de l’autre côté des palissades de chantier. Mais on ne se rend pas compte non plus du travail que nécessite la confection des clôtures elles-mêmes. Les machines qui les fabriquent sont conçues sur mesure pour que tout soit parfaitement calibré. Le personnel est souvent le même depuis 20-25 ans, mais leur métier a bien évolué. Les ouvriers, qui accomplissaient eux-mêmes le travail manuel, ont, depuis, été formés à actionner les robots qui poinçonnent et soudent. Certaines pièces restent encore faites manuellement. Les portails d’entrée des chantiers sont ainsi fabriqués à la main, un à un, par des ouvriers.

40 000 tonnes d’acier mince sortent chaque année des entrepôts de LGInvestissement. L’acier est la seule matière première avec le verre à être 100 % recyclable. « C’est le produit le plus vert qui existe après le verre », se réjouit Norbert Asselin. Dès que les chantiers s’achèvent, les palissades sont mises dans les bennes. Direction les hauts fourneaux pour y être recyclées.

Pourquoi les clôtures sont-elles triangulaires ? Tout simplement pour que ça tienne debout… Les formes en zigzag servent également à décourager, avec plus ou moins de succès, les éventuels colleurs d’affiches. Les clôtures du Grand Paris Express sont le résultat de 25 ans d’expérimentation sur toutes les situations rencontrées sur les chantiers. Certaines clôtures sont communicantes : on les dénomme alors palissades. Pour le Grand Paris Express, l’étape suivante est réalisée par l'agence Quai3 qui conçoit la charte graphique. Puis, Métropole habille ces palissades. Les tôles se déploient alors pour raconter, à ciel ouvert, l’avancée des travaux du chantier en cours.