Avec ses 200 kilomètres de lignes, le métro automatique va dessiner les mobilités de demain. Mais la construction des 68 gares du Grand Paris Express est aussi l’occasion de penser de nouvelles cohérences entre tous les modes de déplacements, et de faciliter la vie dans toute la métropole.

Le Grand Paris Express, un modèle pour l'intermodalité

Auto, vélo, métro et tout ce que l’avenir nous réserve

Un transport de lien social

De l'art de ralentir


Le Grand Paris Express, un modèle pour l'intermodalité

Les espaces publics autour des gares du Grand Paris Express seront à la fois des lieux de vie et d’échanges entre les différentes formes de mobilités. Ces morceaux de ville ponctueront le réseau et structureront la métropole. Mais réussir l’intermodalité est un défi si l’on veut offrir à toutes et à tous des conditions d’accès à la gare et de correspondances sûres, efficaces et confortables, de jour comme de nuit, en toutes saisons. Pour le relever, la Société du Grand Paris a mis en place dès 2015, en lien avec Île-de-France Mobilités, des comités de pôle regroupant tous les partenaires, les acteurs des 68 « places du Grand Paris ». Pour chaque pôle, une étude a été lancée pour définir, en deux ans, un programme d’actions à mener sur les espaces publics autour de la gare. Dans le même temps, Île-de-France Mobilités a renouvelé sa vision de l’intermodalité en adaptant le triptyque traditionnel « stations bus / parc vélo / parc relais », afin de l’élargir à tous les besoins de services et à toutes les solutions de transport des voyageurs, ainsi qu’aux nouvelles mobilités. De son côté, la Société du Grand Paris a engagé une démarche inédite, avec l’Atelier des places du Grand Paris. Son objectif : définir une vision globale et garantir une cohérence dans l’aménagement des abords des gares. Ce travail aboutira à des principes qui seront adressés à l’ensemble des maîtres d’ouvrage, collectivités, propriétaires et gestionnaires de voirie.

Savoir aujourd’hui ce que sera la mobilité en 2025 ou 2030 est une gageure. Il s’agit, partout et dès à présent, de bien prendre en compte les besoins : cheminements piétons, positionnement des abris vélos, points d’arrêts pour les bus, aires de dépose-reprise, espaces de rencontres pour le covoiturage ou l’autopartage, ainsi que tout ce qui peut contribuer au développement des mobilités électriques et numériques… En décloisonnant les approches et en faisant preuve de souplesse, ces préconisations permettront de créer des espaces évolutifs toujours en phase avec les besoins des voyageurs comme des riverains et d’aborder la gare dans sa ville, une place urbaine dans un ensemble urbain et d’offrir à tous une ville à vivre « à temps continu ».

Carrefours des mobilités, les places du Grand Paris offriront, dans une logique de « suite de services », des aménités répondant aux besoins en perpétuelle évolution des voyageurs. L’enjeu est d’optimiser les temps de parcours des Franciliens, et de faciliter leur vie quotidienne par la mise à disposition, à l’intérieur et aux abords des gares, d’espaces dédiés aux commerces et à des services de proximité.

Retrouvez ici la publication « Prendre place ! Nouvelles gares d’Île-de-France, intermodalité et espace(s) public(s) à l’heure du Grand Paris Express ».

Auto, vélo, métro et tout ce que l’avenir nous réserve

Les mobilités de demain s’appuieront sur le nouveau métro. Elles s’articuleront autour du lui dans un contexte où la voiture individuelle continuera de reculer, son usage sera de plus en plus recentré sur les besoins strictement nécessaires : ceux des professionnels, des actifs travaillant en horaires décalés ou contraints, des personnes à besoins spécifiques. L’usage de la voiture a diminué de 13% en Île-de-France depuis 2001, et cette régression s’accentue depuis 2010, alors que, parallèlement, les déplacements à vélo ont augmenté de 195%. L’autopartage, le covoiturage et les mobilités innovantes, qui ont émergé dans les 15 dernières années, continueront à se développer dans une mesure et à une allure que nous ne soupçonnons pas encore.

Encouragées, accompagnées, anticipées, ces évolutions prendront sans doute des allures de révolution, notamment avec l’avènement des véhicules autonomes. Certains experts prédisent une mutation complète du parc automobile d’ici à 2040. Les véhicules autonomes, propres par définition, partagés, contribueront à atteindre les objectifs de réduction des émanations de gaz toxique et à effet de serre. Si des questions restent en suspens, par exemple sur la régulation à mettre en place pour assurer un bon équilibre entre modes de transport collectifs et individuels autonomes, ces nouvelles mobilités vont avoir de nombreuses incidences sur l’aménagement des espaces autour des gares du Grand Paris Express. On voit ainsi émerger un nouveau modèle économique et social de la ville, à travers la mobilité innovante. Avec, en ligne de mire, une ville intelligente, une ville intuitive.

Un transport de lien social

Une ville innovante n’est pas seulement une ville connectée technologiquement, mais une ville qui place l’humain au cœur du projet urbain. Le Grand Paris Express constitue une formidable opportunité de créer, à travers ses places, de nouveaux espaces de vie. Demain, la communication entre les humains et les objets, accentuée par un débit numérique de plus en plus performant, transformera nos comportements, nos besoins et nos usages. Selon le concept de « chrono-urbanisme » faisant le lien entre l’espace et le temps, chacun doit disposer, à moins d’un quart d’heure de chez lui, d’un accès aux besoins primaires, secondaires et tertiaires : se loger, travailler, se nourrir, se distraire, se soigner. Les quartiers des gares du Grand Paris se trouvent ainsi au carrefour de tous les enjeux de la ville de demain. Chacune des 68 gares du nouveau métro annonce ces métamorphoses. Avec, à chaque fois, un contexte et des enjeux particuliers.

De l'art de ralentir

La gare du Grand Paris Express facilitera toutes les mobilités. Et revendiquera aussi la possibilité, la nécessité de ralentir. Elle favorisera ainsi notre capacité à nous émouvoir, à contempler, à appréhender autrement l’espace public. Dès le début, la Société du Grand Paris a porté l’ambition culturelle et artistique au cœur de son projet. Pour chacune des gares, architecte et artiste travaillent en tandem. Et sur chaque parvis, un arbre-témoin viendra signaler la gare du Grand Paris. 68 arbres pour 68 gares, quand, hier, un geste de fonte venait signaler la présence d’une station de métro dans Paris. 68 arbres pour rappeler le rythme des saisons, la nécessité du partage des ressources et l’importance de la respiration en ville.