En participant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la consommation d’énergies fossiles, le Grand Paris Express est un atout pour l’émergence d’une métropole intelligente et durable. Comment la Société du Grand Paris prend-elle en compte les enjeux environnementaux liés au projet dès sa conception ? Comment préserver le cadre de vie des habitants durant les travaux ? Quelles solutions pour un métro à la fois performant et écologique ?

De la conception à la construction, une démarche environnementale volontariste

Une intégration urbaine au service des territoires

Une responsabilité environnementale portée au cœur des chantiers

Un réseau performant et économe en énergie


De la conception à la construction, une démarche environnementale volontariste

Éviter, réduire, compenser : les trois piliers de la démarche environnementale

La démarche environnementale de la Société du Grand Paris s’appuie sur une méthode globale déclinée pour chaque ligne du métro, chaque gare et ouvrage. Dans ce cadre, 600 km² de territoires ont été analysés, soit une superficie six fois plus grande que ce qui est imposé par la réglementation.

De la définition du tracé du nouveau métro à la conduite du chantier, la Société du Grand Paris cherche à éviter la destruction des milieux naturels. Quand cela n’est pas possible, elle met tout en œuvre pour réduire les conséquences environnementales, en optimisant l’espace nécessaire au chantier et en adaptant les périodes de travaux aux contraintes et aux rythmes écologiques du milieu naturel. Enfin, lorsque les impacts sont inévitables, des actions en faveur de la biodiversité visent à compenser l'incidence des travaux sur le milieu. Elles sont menées en Île-de-France, autant que possible, à proximité de la zone de chantier. 

Une intégration urbaine au service des territoires

Favoriser le report modal et les mobilités douces

Grâce aux 200 km de lignes et aux 68 gares créées, le Grand Paris Express va améliorer la desserte des territoires. Au-delà des gares, la réussite du projet dépend de son articulation et de sa complémentarité avec les différents modes de transport. Il favorisera le report modal au profit des transports publics et des modes alternatifs pour s’inscrire dans les objectifs d’amélioration de la qualité de l’air approuvés à l’occasion de la Conférence de Paris sur le climat. Le Grand Paris Express est aussi l’occasion de dévoiler les mobilités du futur et de susciter de nouvelles ambitions en matière de conception et de réalisation des espaces publics. C’est l’objet du programme d’innovation développé par la Société du Grand Paris

Écoconcevoir les bâtiments

Les ouvrages du Grand Paris Express sont conçus dans un souci de durabilité et de qualité environnementale. Les chartes d’architecture des gares et des centres d’exploitation, garantes de ces exigences, demandent aux concepteurs de sélectionner des matériaux, systèmes énergétiques et techniques constructives, en tenant compte de leur cycle de vie, de leur facilité d’entretien et de maintenance. Les matériaux recyclés, recyclables et les produits de finition permettant de réduire la consommation d’eau nécessaire à l’entretien des bâtiments sont ainsi privilégiés.

Assurer une continuité écologique

L’insertion urbaine des gares tient compte des continuités écologiques et paysagères existantes. Celles-ci participent à la présence et au maintien de la faune et de la flore en ville. Les abords de la gare Noisy - Champs, par exemple, seront aménagés avec des talus plantés qui descendront jusqu’à la gare. Les centres d’exploitation font aussi l’objet d’une démarche d’insertion environnementale, comme celui de Champigny qui s’articulera avec le parc départemental du Plateau par une couverture végétalisée de deux hectares, l’une des plus grandes réalisées en France.

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Perspective du Centre d'exploitation Champigny

Anticiper les inondations

La question de l’adaptation des aménagements urbains et des infrastructures aux changements climatiques reste centrale, notamment en Île-de-France, où les crues représentent un risque naturel fort. La Société du Grand Paris s’est dotée d’une stratégie pour intégrer le risque d’inondations dans la conception des infrastructures du Grand Paris Express. Cette dernière dépasse les obligations réglementaires et contribue à la résilience urbaine des territoires desservis par le nouveau métro.

Une responsabilité environnementale portée au cœur des chantiers

Protéger les milieux naturels, les sols et les eaux
Lorsque les chantiers impactent des espèces protégées, des experts naturalistes identifient et localisent les espèces animales présentes et leurs zones d’habitat. Des actions préventives de capture et déplacement d’espèces ou de reconstitution d’habitats peuvent être entreprises. En 2016, sur la ligne 15 Sud, 18 espèces ont ainsi été déplacées.

Des mesures sont adoptées pour protéger les sols et les eaux. Les produits dangereux (gasoil, huiles, peintures) sont entreposés dans des espaces de rétention adaptés. Toutes les activités de manipulation de produits dangereux sont réalisées en dehors des zones sensibles, sur des espaces étanches et connectés à un système de traitement ou à un réseau autorisé. Le matériel de chantier est lavé sur une aire étanche et relié à un système de traitement adapté. Les eaux de ruissellement et de process sont collectées et traitées. Une procédure de gestion des pollutions accidentelles est mise en place pour anticiper tout incident environnemental. Enfin, les eaux industrielles sont recyclées autant que possible pour en limiter la consommation.

Optimiser la consommation énergétique

Les chantiers bénéficient d’un éclairage adapté et économe en énergie. Lorsque cela est pertinent, l’éclairage peut fonctionner avec des capteurs de présence ou des minuteries, compatibles avec la sécurité des personnes.

Limiter les émissions de polluants et de gaz à effet de serre

Au-delà du respect des normes de rejets atmosphériques en vigueur imposées aux engins à moteur, les modes de transports alternatifs à la route ainsi que les matériaux, produits ou procédés générant moins de GES sont privilégiés. Le suivi des émissions de GES est assuré par un outil conçu par la Société du Grand Paris, « CarbOptimum ». Il évalue le bilan carbone de toute activité entreprise en intégrant le transport et l’aménagement. Les gains globaux du Grand Paris Express sont estimés à 27,6 millions de tonnes équivalent CO2 sur la période 2010 à 2050.

Compenser les impacts sur la biodiversité

Malgré les mesures préventives mises en œuvre, il arrive que les travaux génèrent des effets résiduels sur les espaces naturels présentant des enjeux écologiques liés à la présence d’habitats et d’espèces protégés. Dans ce cas, des mesures en faveur de la biodiversité, dites de compensation, sont prévues. La Société du Grand Paris souhaite les réaliser au plus près des sites en travaux et engage des partenariats avec des organismes publics pour assurer la pérennité des mesures mises en œuvre. Elle favorise le choix de sites ouverts au public. Sur la ligne 15 Sud, les opérations de reboisement permettent la plantation de 16 800 arbres et la réalisation de travaux forestiers pour valoriser les espaces boisés et favoriser la diversité des essences. Un suivi sera assuré durant 15 années.
En savoir plus sur les mesures compensatoires

Valoriser les déblais de chantier

Le chantier du Grand Paris Express va générer 45 millions de tonnes de déblais, soit l’équivalent de 9 000 bassins olympiques. La Société du Grand Paris s’est engagée, dès le lancement du projet, dans une démarche d’anticipation de gestion des déblais. Objectif : réduire les nuisances pour les riverains et l’environnement. Leur gestion fait l’objet d’un programme d’actions en trois axes : traçabilité, optimisation de la logistique de transport et valorisation.

La parfaite connaissance de l’origine et de la nature des déblais facilite leur réutilisation. Des sondages de sols sont réalisés en amont des chantiers pour identifier les zones polluées et anticiper la gestion des terres excavées. Les déblais sont caractérisés et traités en conséquence. Entre 2012 et 2016, 5 000 sondages de sols ont été réalisés. Un outil de traçabilité – une plate-forme Internet partagée par tous les acteurs concernés – renseigne de manière précise le parcours des déblais jusqu’à leur destination finale. Le transport des déblais est optimisé et les modes alternatifs à la route sont privilégiés (fluvial, ferroviaire). La Société du Grand Paris souhaite valoriser les déblais à hauteur de 70 % de leur volume global : valorisation des volumes (réaménagements et comblements de carrières, projets d’aménagement…) et des matières (transformation des matériaux pour la fabrication de terre crue, ciment…).
En savoir plus sur la gestion et la valorisation des déblais

Traiter les déchets de chantiers hors déblais
Avant tout démarrage de chantier, une réflexion sur les emballages, le choix des méthodes constructives et l’optimisation des études d’exécution est effectuée pour réduire les déchets à la source. Lorsque cela est possible, les matériaux sont triés et traités en fonctions des filières locales existantes, les produits dangereux décontaminés et les matières recyclables récupérés. Pour les chantiers de démolition, la Société du Grand Paris a mis en place un dispositif spécifique de bonus-malus pour inciter les entreprises et les sous-traitants à recycler les déchets.

Vers des audits et contrôles indépendants

La Société du Grand Paris a lancé un marché pour la réalisation d’audits et de contrôles indépendants sur la gestion des déblais et la mise en œuvre des mesures de respects de l’environnement sur les chantiers du Grand Paris Express. C’est la première fois, en France, qu’un maître d’ouvrage lance un tel marché. Notifié en 2017, il concernera l’ensemble des opérations environnementales conduites par les entreprises de génie civil et les maîtres d’œuvre.

Un réseau performant et économe en énergie

Viser la sobriété énergétique

Les besoins énergétiques du métro correspondent à la consommation d’une ville de 225 000 habitants. La réduction des besoins en énergie et l’optimisation des consommations s’imposent. L’électricité constitue la première dépense d’énergie du réseau. Pour en réduire la consommation, plusieurs mesures sont adoptées. Sur le plan de l’éclairage, la lumière naturelle et les luminaires performants à haut rendement de type LED sont privilégiés dans la conception des gares et des centres d’exploitation. Des solutions complémentaires accompagnent la recherche de cette sobriété énergétique : détecteurs de présence, adaptation du niveau d’éclairage selon les heures du jour, gestion et pilotage centralisés des éclairages… Dans une perspective d’économie circulaire, des pistes de travail sont explorées pour récupérer et valoriser les énergies électriques et thermiques générées par les infrastructures. La chaleur produite par les locaux techniques sera, par exemple, captée et réutilisée. Le choix du matériel roulant est guidé par des critères de performance énergétique. D’une part, les trains de nouvelle génération sont moins énergivores et, d’autre part, l’énergie produite en phase de freinage sera récupérée, et sa réutilisation sera optimisée grâce à un pilotage fin de la circulation des trains.

Faire de la gare une source d’énergie au service des villes

Des études sont en cours pour identifier les solutions qui valorisent l’énergie géothermique, la chaleur stockée dans le sous-sol, et les déperditions calorifiques des infrastructures du Grand Paris Express. L’énergie produite par les gares ou les tunnels pourrait ainsi être récupérée pour alimenter les réseaux de froid et de chaleur de bâtiments voisins. Sur la ligne 15 Sud, par exemple, la mise en œuvre de cette solution est confirmée pour trois gares.