Plus de 3 800 personnes travaillent à l’heure actuelle sur les chantiers du Grand Paris Express, dont 3 250 sur la seule ligne 15 Sud.  Avec le lancement des travaux de génie civil sur la ligne 16, les 600 postes déjà pourvus en Seine-Saint-Denis vont rapidement se développer dans les prochains mois, une aubaine pour ce territoire en pleine mutation.

« Le Grand Paris Express apporte un second souffle au BTP », constate Samuel Citron, directeur de l’agence Pôle emploi de Saint-Ouen. « Ce projet va indéniablement dynamiser l’emploi dans un secteur d’activité en perte de vitesse, en manque de gros chantiers ces dernières années ». Et cela est d’autant plus vrai en Seine-Saint-Denis, où le lancement des travaux de génie civil sur la ligne 16 promet de nombreuses embauches sur les chantiers du nouveau métro.

De nouvelles opportunités d’emploi avec la ligne 16

Avec ses huit lots de génie civil notifiés, qui représentaient déjà 3 250 emplois sur les chantiers au 30 septembre dernier, la ligne 15 Sud a ouvert le bal. Ce sont, au total, 555 personnes qui ont bénéficié de contrats en insertion. Sur les premiers chantiers de la ligne 16, qui reliera Saint-Denis Pleyel à Noisy-Champs, plus de 600 personnes s’activent déjà, dont 60 en insertion.

Jessica Campione Estela, Eiffage Génie Civil
Avec la montée en puissance des travaux, le nombre d’emplois sera multiplié par trois dans les prochains mois. « Nous avons prévu de mobiliser près de 2 000 personnes pour le premier lot de cette ligne, qui représente 19 km sur les 200 à réaliser pour le Grand Paris Express », affirme Jessica Campione Estela, responsable des ressources humaines chez Eiffage Génie Civil qui pilote le groupement en charge des travaux de génie civil sur cette partie de la ligne. « Les entreprises de construction vont toutes avoir les mêmes besoins en même temps, et donc s’orienter vers les mêmes profils. Dans ce contexte, il est important de faire découvrir nos métiers le plus en amont possible, y compris auprès de personnes qui n’ont aucune connaissance des travaux publics ».

La formation, porte d’entrée du chantier

Démonstration ce 23 octobre : les représentants d’Eiffage Génie Civil partent à la rencontre de demandeurs d’emploi sélectionnés par Pôle emploi en fonction de leurs métiers et de leurs compétences. Dans la foulée de KM4, un événement qui a marqué le lancement des travaux de construction de la ligne 16, la Société du Grand Paris a ouvert les portes du chantier de l’ouvrage Finot, à deux pas de la future gare Saint-Denis Pleyel, pour un « jobdating ». L’initiative s’inscrit dans le cadre du programme des Classes du Grand Paris Express. Sur place, Jessica Campione Estela présente à des électriciens, des plombiers, des maçons, des peintres et des menuisiers les différents métiers de la filière travaux publics des chantiers du Grand Paris Express. Ce jour-là, zoom sur le métier de coffreur, auquel les candidats de Pôle emploi pourront être formés. « Pour répondre à notre clause d’insertion inscrite dans notre contrat avec la Société du Grand Paris, nous lançons régulièrement des formations », précise-t-elle. « Nous essayons d’intéresser tous les publics en recherche d’emploi, car il y a de belles carrières à faire dans le BTP. Chez Eiffage Génie Civil, beaucoup commencent au bas de l’échelle et gravissent petit à petit les échelons. »

Le saviez-vous ?
Fin septembre 2018, on dénombrait plus de 4 000 personnes travaillant sur les chantiers du Grand Paris Express, contre 2800 fin août. 655 ont suivi un parcours d’insertion professionnelle, dans des métiers de manœuvre, d’agent d’entretien, de mineur, d’électricien, de mécanicien, d’opérateur de tunnelier, d’agent de sécurité et de l’administratif, dont 43 parcours de formation qualifiante lancés en 2018 par les entreprises titulaires. Et 84% de ces personnes habitent sur le territoire où elles travaillent. Toujours au 30 septembre, le nombre d’heures d’insertion réalisé sur les 9 chantiers de génie civil du nouveau métro en cours atteignait 351 440  heures. Les chantiers lancés à date du Grand Paris Express doivent générer 1,6 million d’heures d’insertion à horizon 2023. S’y ajouteront dans les prochains mois les engagements des marchés qui seront notifiés au fur et à mesure de l’avancement du calendrier des lignes 15, 16, 17 et 18.

Une réelle perspective d’évolution

« Travailler sur un chantier ne me fait pas peur. Ce que j’apprécie particulièrement, ce sont les horaires en 3x8, ça correspond bien à mon rythme », confie Basile, habitant de Saint-Ouen, qui participe  à ce « jobdating ».

Basile, 23 ans
Avec un CAP d’agent de sécurité en poche, ce demandeur d’emploi de 23 ans s’est reconverti dans le bâtiment après une mission en intérim sur le chantier du prolongement de la ligne 14. « Cet atelier permet de se projeter et d’envisager une réelle  évolution dans le secteur des travaux publics. Pour ma part, j’aimerais apprendre tous les métiers du chantier ! »

Un secteur qui se féminise

En parallèle de ce « jobdating », un deuxième atelier se tient à quelques pas avec la Mission locale intercommunale Saint-Denis/Pierrefitte. Animé par une chargée de recrutement du chantier, il est destiné aux jeunes de moins de 25 ans les plus éloignés de l’emploi, dans le cadre du programme « Garantie Jeunes ». Dans ce groupe, de nombreuses jeunes femmes découvrent les métiers du chantier : « Les femmes s’y intéressent de plus en plus », explique Virginie Dalmart, conseillère emploi de la Mission locale. « Au départ, elles sont inquiètes car elles pensent que ce sont des postes physiques. Aux entreprises de faire un pas en avant afin de les rassurer. Par exemple, pour la conduite d’engins, la force n’est pas nécessaire. » Comme le précise Jessica Campione Estela, « le secteur du BTP se modernise et se  féminise. On trouve de plus en plus de femmes dans l’encadrement, mais beaucoup d’entre elles sont aussi ingénieures. »

Ce jour-là, sur le chantier, certains n’hésitent pas à se projeter au-delà du temps des travaux, imaginant les emplois qui émergeront grâce à la ligne 16, pour  l’exploitation des futures gares du Grand Paris Express, la dynamisation de quartiers situés à proximité ou encore la création de nouveaux commerces et services destinés aux usagers du métro. Sans oublier la perspective des Jeux Olympiques qui vont, eux aussi, jouer un rôle d’accélérateur au service de la mutation d’un territoire appelé à devenir le cœur battant du Grand Paris.