Le samedi 16 octobre, une quarantaine de chantiers du Grand Paris Express seront exceptionnellement ouverts au public, convié à s’enregistrer préalablement sur une plateforme de réservation. En attendant le grand jour, nous avons assisté à la préparation de l’événement sur quatre chantiers de la ligne 15 Sud. Car accueillir des visiteurs sur un chantier en activité nécessite une organisation minutieuse.

Repérage du chantier Arcueil - Cachan pour la journée portes ouvertes sur les chantiers du Grand Paris Express

Ce vendredi 3 septembre, le marathon-repérage des chantiers commence à 9h30, à Montrouge, sur la ligne 15 Sud. Et un premier constat s’impose : trouver le bon accès pour entrer sur le chantier de la future gare n’est pas si évident que cela…

« Le chantier est immense, lâche Aude Robles. Flécher de façon claire les accès pour diriger les visiteurs vers la bonne porte d’entrée sera l’un de nos points de vigilance. » La directrice de clientèle au sein de l’agence événementielle Live!  note aussitôt : envoyer un plan d’accès à chaque participant une fois l’inscription validée.

Derrière les palissades

Pour la première fois depuis le démarrage des travaux du Grand Paris Express en 2016, la Société du Grand Paris organise une journée portes ouvertes pour permettre au grand public de pénétrer sur ses chantiers. Au total, quelque 40 sites – sur les 150 actuellement en activité – seront ouverts aux visiteurs qui pourront bénéficier d’une expérience immersive au plus près des travaux.

 

 

Pour organiser ces visites, qui seront commentées par des collaborateurs de la Société du Grand Paris et par des compagnons du chantier, le maître d’ouvrage s’appuie sur l’agence événementielle Live!  qui réalise des repérages sur tous les chantiers présélectionnés. « Chaque site a ses spécificités. Cependant, nous devons quand même penser à un schéma unique, pouvant plus ou moins se décliner à tous les chantiers, afin de ne pas rendre la logistique trop complexe », explique José Losada, directeur des productions à l’agence. Sécurité, durée du parcours, largeur du cheminement piéton, espace d’exposition : rien n’est laissé au hasard…

Priorité à la sécurité

Cheminement piéton sur le chantier de la gare Châtillon - Montrouge du Grand Paris Express
Cheminement piéton sur le chantier de la gare Châtillon - Montrouge
Retour sur le chantier de Châtillon – Montrouge. Premier constat : sa configuration permet de déterminer un cheminement piéton sécurisé que les groupes, composés de 20 personnes, pourront emprunter sans EPI (équipement de protection individuelle). « Sur le site d’inscription, nous insistons sur le fait que, même si c’est une journée portes ouvertes, on circule dans un endroit contraint, commente José. Il est nécessaire de porter une tenue adaptée, des vêtements que l’on peut exposer à la boue et la poussière, ainsi que des chaussures confortables. Nous avons aussi prévu un brief à l’arrivée des visiteurs pour rappeler les règles de bonnes conduites : bien rester dans le groupe, ne toucher à rien, bien regarder où on met les pieds... »

 

« C’est important de le dire plusieurs fois, poursuit Aude, car la tonalité de l’évènement peut donner l’impression aux gens qu’ils pourront aller partout. Mais il faut avoir en tête que le parcours sera extrêmement balisé pour que tout le monde soit en sécurité et que les compagnons ne soient pas gênés. Nous devrons également éviter les croisements de flux. Il y a seulement 25 minutes de battement entre deux créneaux de visite. Les groupes vont s’enchaîner rapidement ! »

Ne pas perturber la vie du chantier

Sur chaque site, les groupes de visiteurs seront pris en charge par des ambassadeurs de la Société du Grand Paris. Des supports pédagogiques permettront également d’en apprendre davantage sur les travaux. Sur le chantier de Châtillon – Montrouge, José Losada repère rapidement un espace de stockage de matériel qui pourrait temporairement accueillir cette exposition. « Il est important de trouver un endroit qui ne gêne pas les entreprises de travaux et qui soit aussi capable de contenir 20 personnes à la fois » souligne-t-il.

Beaucoup de chantiers sont en activité 7j/7, une contrainte non négligeable pour les équipes qui préparent les visites. « Certains accès réservés aux véhicules ne pourront pas être utilisés pour faire entrer le public, précise José. Nous sommes sur des sites qui bougent continuellement. Il peut y avoir des modifications entre le jour de repérage et le jour J. Nous devrons peut-être procéder à quelques ajustements sur place. Même si nous allons arriver la veille sur les sites, les structures d’accueil seront montées le matin même pour ne pas gêner la vie du chantier. Elles seront démontées à la fin de la journée, de même que les panneaux pédagogiques. Ainsi, l’activité pourra reprendre normalement dès le samedi soir. »

Vue panoramique

Les équipes de repérage sur le toit de la base vie du chantier de la gare Bagneux du Grand Paris Express
Repérages sur le toit de la base vie du chantier de la gare Bagneux
Les repérages se poursuivent. Dès l’arrivée sur les lieux, le chantier de la future gare Bagneux affiche tout son potentiel. Doté d’un seul accès, les visiteurs pourront néanmoins faire la queue le long d’une palissade puis rentrer sur le site sans gêner l’entrée ou la sortie de camions. L’équipe lorgne d’emblée sur le toit de la base vie et apprend dans la foulée qu’il pourra effectivement être accessible au public. Pour José, « un belvédère, c’est idéal pour montrer le chantier dans toute son envergure, mais aussi son environnement. On comprend instantanément son impact sur la vie du quartier. La vue que les visiteurs auront depuis le toit de la base vie du chantier de la future gare Saint-Denis Pleyel, que nous avons découvert avant-hier, sera également très impressionnante ! »

 

Le chantier de la gare Arcueil – Cachan est plus complexe : impossible d’envisager un cheminement piétons balisé que le public pourrait emprunter sans EPI. Il faut trouver une solution alternative. Responsable communication de CAP, le groupement piloté par VINCI Construction, Lucie Houssin propose un plan B : la terrasse de l’immeuble situé juste en face. Celle-ci offre en effet une vue imprenable sur l’intégralité du chantier et donc sur les niveaux souterrains de la gare, actuellement en cours de construction. Un panorama qui justifie bien une logistique plus compliquée à mettre en place puisque les visiteurs devront accéder au 5ème étage du bâtiment en empruntant les ascenseurs…

Adapter le dispositif

Repérages sur le chantier de la gare Villejuif Institut Gustave-Roussy du Grand Paris Express
Repérages sur le chantier de la gare Villejuif Institut Gustave-Roussy

Cette journée de repérages s’achève sur le chantier de la future gare Villejuif Institut Gustave-Roussy, un site immense mais, malgré tout, très contraint. Sans EPI, il n’est pas possible de faire le tour du chantier. Le groupe imagine tous les scenarri. Au final, on retient un parcours qui permettra tout de même de prendre un peu de hauteur grâce à une butte. De quoi offrir une belle vue sur la gare en travaux

 

 


« Les gens seront conduits jusqu’à la butte et feront ensuite demi-tour. L’exposition pédagogique prendra place sur le parking, à l’entrée du site, précise Aude Robles. Nous devons parfois adapter le dispositif selon la configuration des différentes zones du chantier. » Il reste quelques jours pour arrêter les derniers ajustements destinés à améliorer le confort et l’intérêt de la visite. Les Grands-parisiens qui voudront prolonger l’immersion dans les travaux du nouveau métro pourront même jouer les prolongations, avec KM9,  une grande fête populaire organisée en soirée sur l’un des chantiers de la ligne 18, le puits Maréchal Leclerc à Massy.