nicolas_margoloff_directeur_de_projet_ligne_15_sud_chez_demathieu_bard.jpg

Nicolas Margoloff, directeur de projet à Demathieu Bard Construction

La levée de la roue de coupe du premier tunnelier du Grand Paris Express sur le chantier du puits Champigny Plateau est une opération qui marque une étape décisive dans l'avancée du nouveau métro. A l'approche de cet évènement, nous avons posé trois questions à Nicolas Margoloff, directeur de projet à Demathieu Bard Construction.

Que va-t-il exactement se passer lors de l’évènement KM3, prévu le 3 février prochain ?

Nous allons procéder à la descente de la roue de coupe du premier tunnelier du Grand Paris Express dans le puits Champigny Plateau. Cette manœuvre est une opération classique lors de l’assemblage d’un tunnelier, maîtrisée par les équipes d’Herrenknecht, son constructeur. Mais elle a une portée symbolique puisqu’elle marque la fin de l’assemblage du bouclier. Il s’agit de manutentionner une des pièces les plus lourdes de la machine, dont le poids unitaire est de 135 tonnes. Dans un premier temps, la roue de coupe, en cours de soudage depuis plus d’un mois sur le site, sera levée avec deux grues d’une capacité de 750 et 400  tonnes pour être basculée en position verticale. La grue la plus imposante la déplacera ensuite jusqu’au puits et la descendra à 20 mètres de profondeur pour être arrimée au bouclier. Après le montage de la roue de coupe, l’assemblage de l’engin se poursuivra avec la mise en place de la jupe à l’arrière du bouclier et de la première remorque du train suiveur. Le creusement d’un premier tronçon de tunnel de 2200 mètres, qui s’étendra jusqu’à l’ouvrage de débranchement de Villiers-sur-Marne, doit ensuite démarrer à la fin du mois de mars. Les équipes de montage laisseront alors la place aux opérateurs qui feront fonctionner le tunnelier. Au-delà des enjeux techniques, cet évènement sera aussi l’occasion de dévoiler son nom en présence de sa marraine. Ce baptême constitue une tradition très ancrée chez les mineurs.

Quelles sont les spécificités de ce chantier et les contraintes liées au site ?

La particularité du puits de démarrage de Champigny est sa dimension réduite. Il ne mesure que 45 mètres de longueur et nous contraint à commencer le creusement dans des conditions particulières. Il a toutefois l’avantage d’être dans une zone peu urbanisée et relativement facile d’accès pour l’approvisionnement des voussoirs ou l’évacuation des déblais de marinage.

Que ressentent les compagnons du chantier et votre entreprise à l’approche de cet évènement ?

Beaucoup de fierté. Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est avant tout grâce au dévouement des équipes mobilisées sur le chantier, encadrants comme ouvriers. Ils n’ont jamais ménagé leurs efforts pour faire face aux difficultés et aléas qui ont émaillé la réalisation des travaux et les ont rendus plus complexes. Le 3 février, nous pourrons partager cette réussite collective avec tous les acteurs du projet et avec les riverains. Un chantier ne sera jamais mieux accepté que par ceux qui peuvent le voir de l’intérieur. KM3 est, en ce sens, une occasion rêvée puisque le grand public pourra approcher de près les grues de manutention, la roue de coupe et aura même une vue plongeante sur le puits de départ du premier tunnelier du nouveau métro.

Nicolas Margoloff, directeur de projet à Demathieu Bard Construction