L’année 2018 a été marquée par l’entrée en action des tunneliers du Grand Paris Express. Deux creusent déjà, un troisième est en cours de montage sur la ligne 15 Sud. Et ce n’est qu’un début. 

L’aventure souterraine du Grand Paris Express a débuté. Avec, dans les rôles principaux, trois premiers tunneliers : Steffie Orbival, Malala et un troisième dont le nom sera dévoilé début décembre, à l’occasion de l’événement KM5. Et ce n’est qu’un début puisqu’on comptera jusqu’à 21  de ces spectaculaires engins tout-terrain qui creuseront simultanément le nouveau métro. Une concentration inédite en Europe.

Steffie Orbival en rythme de croisière

Dans le Val-de-Marne, le tout premier tunnelier du Grand Paris Express poursuit sa progression. Il porte le nom de Steffie, le prénom d'une des femmes compagnons du groupement T2C - Alliance, et fait référence au projet Orbival. Parti du puits Champigny Plateau le 3 avril 2018, Steffie Orbival remontera à la surface au printemps 2019 sur le chantier de l’ouvrage Sentier des Marins, à Villiers-sur-Marne. Creusant 24 heures sur 24 et six jours sur sept, il avance à un rythme moyen de 10 à 12 mètres par jour, à une profondeur qui varie entre 20 et 30 mètres. Une fois le tunnelier passé, il laisse derrière lui un tunnel composé de voussoirs en béton.
 

Vue de l'intérieur du premier tunnel creusé du Grand Paris Express

En surface, des camions aux alentours du puits de départ s’affairent à évacuer les déblais provenant du sous-sol. Ces déblais sont ensuite triés en fonction de leur nature pour être réaffectés à de nouveaux travaux publics dans le Grand Paris. Au 6 novembre, Steffie Orbival avait creusé 490 mètres sur les 2,17 km au total.

Mais avant d’atteindre ce rythme de croisière, le tunnelier a besoin d’une période de tests et de rodage. Le deuxième tunnelier, Malala, en est précisément à cette étape. 

Malala en montage dans le tunnel

Son nom a été choisi par les élèves d’une école de Champigny-sur-Marne. 

Le baptême de Malala, en présence des écoliers qui ont choisi son nom

Descendue au fond du puits Rû de Nesle en août 2018, la roue de coupe est entrée en action en septembre. Malala a creusé les 100 premiers mètres de son tunnel, une phase de rodage qui permet de tester les sols. Puis, le tunnelier interrompt sa course pour intégrer les autres composantes du train-usine. Jusqu’à la mi-novembre, Malala est donc encore en phase de montage de tous ses « wagons ». Le deuxième tunnelier avancera, lui aussi, au rythme de Steffie Orbival. En tout, il creusera 4,9 km jusqu’à la gare Bry – Villiers – Champigny où il ressortira à l'été 2020.

Le troisième tunnelier acheminé sur site

À Bagneux, le troisième tunnelier attend son petit nom, qui lui sera attribué par les élèves de l’école Henri Wallon B. Il sera dévoilé le samedi 1er décembre au cours de KM5, l’évènement populaire qui marquera son lancement en présence des riverains. Depuis septembre, les pièces du tunnelier sont acheminées puis assemblées directement sur le chantier du puits de départ. Elles sont ensuite descendues au fond du puits Robespierre, point de départ du creusement. En janvier, ce troisième tunnelier s’élancera pour parcourir 4km vers la gare Fort d’Issy – Vanves – Clamart, où il sortira à l’été 2020. Il aura traversé quatre communes, trois gares en passant par cinq ouvrages de service. Parallèlement, d’importantes opérations de comblement des carrières, principalement sur les communes de Malakoff et Bagneux, sont réalisées pour préparer le passage du tunnelier.

Descente de la roue de coupe dans le puits Robespierre


Dès 2019, plus de dix tunneliers creuseront les tunnels du Grand Paris Express, dans le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine, mais aussi la Seine-Saint-Denis, où les travaux de construction de la ligne 16 ont démarré. Sur le chantier du siècle qui concentre tous les superlatifs, le défilé des tunneliers n’en est qu’à ses débuts.