Le 7 février 2019, la roue de coupe du quatrième tunnelier a été déposée au fond du puits d’entrée, à la gare Arcueil – Cachan. L’assemblage des autres composantes va se poursuivre pour un début de creusement prévu en avril.

Personne ne connaît encore son nom mais tout le monde en parle déjà. Le quatrième tunnelier, en cours de montage, commencera à creuser un tronçon de la ligne 15 Sud en avril prochain. Il partira de la future gare Arcueil – Cachan, où se trouve le puits d’entrée du tunnelier. Ce jeudi 7 février 2019 au matin, les badauds s’attroupent autour de l’emprise du chantier, qui jouxte la gare du RER B. Ils veulent assister au point d’orgue de l’assemblage du tunnelier : la levée de la roue de coupe du tunnelier.

Tout excités, des écoliers de primaire guettent sur place cet évènement impressionnant. Ils lèvent le doigt et multiplient les questions à l’attention de l’agent de proximité, Laetitia Haddad. « Le roue de coupe est une lame qui va creuser, explique l’un de ces enfants, attentif à ce qu’on lui avait expliqué. Ils la dépose au fond du puits. » Demain, ce sont eux qui emprunteront le nouveau métro, mais ils sont d’ores et déjà acteurs de sa construction.  En effet, sept classes et centres aérés avoisinants réfléchissent pour désigner une personnalité qui deviendra la marraine de ce quatrième tunnelier. Et cette marraine lui conférera son nom, à l’occasion d’un baptême. Pour le prénom du troisième tunnelier, les enfants avaient ainsi opté pour Ellen, en hommage à la navigatrice Ellen Mac Arthur.

Les tout-petits ne sont pas les seuls à admirer la scène. Des étudiants ingénieurs sont également aux premières loges. Une classe venue de l’école genevoise HEPIA, spécialisée en génie civil, y assistait avec la plus grande curiosité.

Des riverains et des passants curieux s’attardaient eux aussi autour du puits. Pendant cette attente, c’est sa profondeur, d’une trentaine de mètres, qui frappe d’abord les esprits. « Et encore, avant le trou était profond de quinze mètres supplémentaires, rappelle Geneviève, une habitante du quartier. Au fond, il y avait une forêt de colonnes qui a été recouverte par une dalle de béton. » Un effet optique en réalité, le puits a toujours été profond de 30 mètres.

Sous la Bièvre

La patience a finalement été récompensée vers 11h30, quand la roue de coupe s’est finalement élevée dans les airs avant de rejoindre délicatement le fond du puits. Elle est accrochée aux deux boucliers, descendus précédemment. Pesant 140 tonnes,  la roue est la deuxième pièce la plus lourde du tunnelier, après les moteurs d’entraînement. Une immense grue, l’une des plus grandes d’Europe, a été spécialement mobilisée pour réussir cette opération. « Il s’agit de la même grue qui se déplace sur tous les chantiers du Grand Paris Express », explique Claire Dubois, conductrice d'opérations de la gare Arcueil – Cachan. La prochaine pièce du tunnelier à descendre sera la jupe. Une dénomination qui amuse beaucoup les spectateurs.

Ce nouveau tunnelier va creuser 3,4 km de la ligne 15 Sud, traverser la gare Villejuif Institut Gustave-Roussy et ressortir à Villejuif Louis-Aragon. Son trajet est jalonné par un nombre important de carrières qui sont comblées par l’injection d’un coulis. Le tunnelier va également passer sous la rivière souterraine de la Bièvre et devra donc creuser davantage en profondeur pour maintenir une bonne couverture dans le sol.

Pendant ce creusement, les travaux de la gare Arcueil – Cachan se poursuivront. À terme, celle-ci contribuera à améliorer significativement la qualité de vie des habitants. Pour ne citer qu’un chiffre, l’aéroport d’Orly, aujourd’hui situé à 38 minutes, ne sera plus qu’à 16 minutes lorsque les lignes 14 et 15 du Grand Paris Express seront en service. Pas de doute : la patience fait gagner du temps.