Ce samedi 16 octobre, les visiteurs sont venus en nombre pour découvrir une quarantaine de chantiers du Grand Paris Express.

Le chantier de Saint-Denis Pleyel
Le chantier de Saint-Denis Pleyel

 

« Je tenais absolument à voir un chantier ! Mais celui de la gare Saint-Maur - Créteil, à côté de chez moi, affichait complet… il faut dire que c’est la gare la plus profonde du réseau, ça doit attirer du monde. » Qu’à cela ne tienne : Michel est arrivé à 11h00 à Sevran - Beaudottes, l’un des chantiers de la ligne 16. Enthousiaste, il scrute la carte du réseau, s’interroge sur la forme carrée du tunnel qu’il remarque sur un panneau d’exposition (« ah, c’est fait comme ça, le tunnel de l’arrière-gare ? »). Avant de plonger dans ses souvenirs : « plus jeune, j’avais visité un chantier de la ligne 14, mais là, c’est incroyable ce que vous faites, ça va tout changer !  » La passion de Michel est visiblement communicative. Un groupe de quatre prend note du KM, une grande fête organisée le soir-même à Massy à l’occasion du baptême du deuxième tunnelier de la ligne 18. Ça tombe bien… eux rêvent de voir ces incroyables machines. A l’annonce du DJ et du gigot-bitume, ils décident de chambouler leur programme et de consacrer finalement tout leur samedi au Grand Paris Express.

Sevran-Beaudottes
A Sevran-Beaudottes, sur la ligne 16, le chantier reste en activité durant la journée Portes ouvertes.
Jean-François Monteils
Sur le toit-terrasse de la base-vie de Saint-Denis Pleyel, échanges entre Jean-François Monteils, président du directoire de la Société du Grand Paris, et des visiteurs.
 l’ouvrage Bel-Air
Sur le chantier de l’ouvrage Bel-Air de Chelles, le public découvre le puits de départ du tunnelier.
Ambassadrice du nouveau métro
Quelque 190 ambassadrices et ambassadeurs de la Société du Grand Paris mobilisés pour présenter le projet et leur métier.
Déambulation sur le chantier de Noisy – Champs
Déambulation sur le chantier de Noisy – Champs, sur la ligne 15 Sud.
Visiteurs à Saint-Denis Pleyel
En une journée, le Grand Paris Express a accueilli 14 000 visiteurs .

Près de 14 000 visiteurs accueillis en une journée

Comme à Sevran - Beaudottes, les quelque 40 chantiers accessibles au public ce 16 octobre affichent complet. Au total, 14 000 visiteurs ont répondu à l’invitation de la Société du Grand Paris pour cette toute première journée portes ouvertes suivie de KM9 de Massy. Et certains viennent de loin, parfois de très loin. A Saint-Denis Pleyel, six étudiants d’une école d’ingénieurs portent une veste estampillée du blason « Polytech Lille ». Entre eux, ces passionnés ne parlent que d’une chose : génie civil. Sur la terrasse de la base-vie, « qui est à la hauteur de ce chantier XXL », ils dominent toute l’emprise et échangent leurs points de vue. « Ce qui me frappe le plus, constate l’un d’eux, ce sont les contraintes urbaines qu’il faut prendre en compte, toute cette vie qui continue aux abords du chantier. Ce n’est pas comme bâtir une maison dans un champ ! »

Dans la foule des visiteurs, on croise aussi des fidèles du Grand Paris Express. Une famille, qui avait assisté à un ripage à Champigny-sur-Marne sur la ligne 15 Sud, découvre le chantier de l’ouvrage Abbé-Niort, sur la ligne 17. Pierre est un retraité passionné par le projet dont « [il suit] les avancées chaque mois en recevant la lettre d’information de la Société du Grand Paris ». Aujourd’hui, il s’est rendu sur le chantier de la gare Le Bourget Aéroport. « Ce qui m’intéresse, c’est comment on fait de l’urbanisme autour des gares, comment on raccommode le passé et le futur. » Ce qui l’a le plus surpris ? « Qu’on arrive à consolider sans que ça s’écroule. »

D’autres visiteurs sont là en voisins. Patients riverains, ils sont souvent exposés au quotidien des travaux. Pour eux, cette initiative est une occasion à ne pas rater pour comprendre les étapes à venir, découvrir l’envers du décor, dialoguer avec les acteurs du chantier. Un habitant de Chelles a pu s’inscrire à la visite de l’ouvrage Bel-Air. « C’est une opportunité unique d’en savoir plus sur ce que font les ouvriers près de chez moi. » Il voudrait aussi parler de la bande-convoyeuse, provisoirement à l’arrêt, qui permet de transporter les déblais jusqu’au parc du Sempin.

Débats nourris avant la visite

Accueillis par des ambassadeurs de la Société du Grand Paris, tous les groupes assistent à la présentation du projet. Les questions fusent, souvent concrètes : « au total, combien de rames circuleront sur le Grand Paris Express ? », « pourra-t-on utiliser la ligne 16 avec le passe Navigo ? », « le Charles-de-Gaulle Express et le Grand Paris Express, pourquoi faire les deux ? », « est-ce que vous avez prévu de faire circuler des trains de marchandises la nuit ? », « sait-on déjà qui aura en charge l’exploitation ? », « pourquoi prévoyez-vous des mises en service différentes pour chaque ligne, ne pouvait-on pas faire tout d’un coup ? », « combien coûte le projet et combien de temps faudra-t-il pour rembourser la dette ?», « après les travaux, que fait-on des tunneliers ? » « Est-ce que je pourrai mettre mon vélo à bord du métro ? », « est-ce qu’on ressentira les vibrations du métro en surface ? », « comment avez-vous choisi l’emplacement des gares ? »… Avec parfois des préoccupations bien affirmées : « que sont devenus les os de mammouth découverts à Vitry ? », demande un garçon venu avec ses parents sur le chantier de l’ouvrage Sentiers Des Marins de la ligne 15 Sud.

Certains n’hésitent pas à faire passer des messages directs : « Le prolongement en pointillés après Versailles Chantiers, il se fera vraiment après 2030 ? », « n’est-il pas encore possible de rajouter des gares pour améliorer la desserte du Val-d’Oise ? », « à qui dois-je m’adresser pour faire un stage ? »

A chaud, les 190 collaborateurs de la Société du Grand Paris mobilisés pour l’occasion fournissent éclairages et explications.

Panoramas et explications en direct

Après ce temps d’échanges, place à la déambulation dans le chantier, sous la houlette d’un représentant de l’entreprise en charge des travaux. Les groupes restent en surface, impossible, pour des raisons de sécurité et de logistique, de descendre dans les tunnels. Le balisage a été soigneusement étudié, car sur certains chantiers, les travaux continuent en présence du public. Des sites offrent des panoramas imprenables depuis le toit des bases-vie, comme ceux des gares Saint-Denis Pleyel, Saint-Maur – Créteil ou Arcueil – Cachan, d’une plateforme, comme à Noisy - Champs. Effet waouh garanti. A Châtillon – Montrouge, le circuit proposé permet de pénétrer dans la boîte-gare, et d’accéder au niveau -1. Un avant-goût du voyage…

D’autres chantiers sont moins imposants, moins impressionnants, mais pas moins instructifs. La visite permet alors de s’attarder sur le rôle des engins ou les métiers de la construction. Ici, on détaille le parcours des déblais, avec la pesée en direct des camions qui entrent et sortent du chantier. Ailleurs, c’est une pile de voussoirs qui retient l’attention. Une maman, dont le fils ingénieur s’intéresse au plan d’installation du chantier, questionne surtout les créations d’emplois. « Avec des délais très contraints, on prend conscience ici de toutes les compétences métier qu’il faut réunir rapidement et des enjeux de la formation, souligne-t-elle à l’issue de sa visite. Car les conducteurs de tunneliers, il faut bien les former ! Et je me suis renseignée aussi sur clauses d’insertion, j’ai vu qu’ils allaient chercher spécifiquement des personnes au RSA ou éloignées du monde du travail pour leur donner un emploi sur les chantiers. »

Après une heure de parcours, d’échanges, d‘encouragements, les petits groupes se dispersent, les bras chargés de documents. Après un dernier selfie devant les palissades, ils laissent la place aux suivants, tout en faisant passer un ultime message : « on tient à revenir dans un an pour voir où en seront les travaux !» Parmi le groupe accueilli à Sevran-Beaudottes, une famille venue de Villiers-sur-Marne consulte les applications. « Et maintenant, quelle est la meilleure solution pour rentrer chez nous en attendant le Grand Paris Express ? »