Après plusieurs semaines de télétravail imposées par le confinement, les agents de proximité ont progressivement repris le chemin des chantiers, au plus près des riverains. Témoignages.

« J’avais hâte de retourner sur le terrain. Je n’en pouvais plus de rester à la maison ! » confie spontanément Laetitia Haddad, agent de proximité qui gère le secteur composé des gares Bagneux et Arcueil – Cachan. « La permanence téléphonique a ses limites. Cela ne remplace pas le contact direct avec les riverains, mais aussi avec les compagnons des chantiers et le personnel des entreprises travaux. Les relations sociales sont au cœur de notre métier, alors on s’adapte ! Nous respectons la distanciation physique, le port du masque… Pas de poignées de mains, ni de bises, même si nous sommes très contents de nous revoir ! »

A l’instar de ses quinze collègues déployés aux abords des chantiers des lignes 15 Sud, 15 Ouest, 16 et 17 Nord, Laetitia a pour mission d’informer sur le nouveau métro et sur l’avancée des travaux. En tant que médiateurs, les agents de proximité sont en lien permanent avec la Société du Grand Paris et les entreprises de travaux. Ils assurent la remontée des questions et problématiques abordées au quotidien avec les riverains et les commerçants voisins des chantiers. Sur le terrain, ils veillent également à la propreté et à la sécurité des emprises de chantier. 

Nouvelles règles pour Laetitia et l'équipe de travaux à l'intérieur de la base vie du chantier : port du masque et distanciation physique obligatoires.

REPRISE PROGRESSIVE

Le 20 avril, date à laquelle les chantiers du Grand Paris Express ont progressivement redémarré sur les lignes 15 Sud, 16 et 17, Laetitia a repris ses rondes aux abords des chantiers à raison de deux demi-journées par semaine. « La situation était un peu frustrante car, habituellement, je me déplace tous les jours sur site », poursuit-elle. « Trois demi-journées de présence ont été ajoutées à mon planning le 8 juin. Un assouplissement bienvenu, même si je n’ai pas encore repris les permanences à la Maison des projets de Bagneux qui, elle, est toujours fermée. »

Laurence Daupin, elle, a en charge le secteur comprenant les gares Le Blanc-Mesnil, Le Bourget RER et Le Bourget Aéroport. Après deux mois de confinement, elle aussi retrouve le terrain, « ses » riverains et « ses » équipes en charge des travaux. Un retour progressif qui lui convient bien dans un premier temps. Au lendemain de l’arrêt des chantiers, une réorganisation de l’activité des agents de proximité a été mise en place de façon à maintenir, à distance, le lien avec les riverains. « Quatre niveaux de sécurité ont été instaurés », précise-t-elle. « On passe de l’un à l’autre en fonction de l’évolution de la crise sanitaire. Au début, nous étions en niveau 4 qui correspond au télétravail complet. À la reprise des chantiers, nous sommes passés en niveau 3 qui prévoit une seule journée sur site. Le niveau 2 implique 50% de télétravail et 50% de présence physique. Notre planning est décidé d’une semaine sur l’autre. »

Les bases vie ont été réaménagées dans le respect des nouvelles mesures sanitaires.

ACCOMPAGNEMENT ADAPTÉ

En attendant le niveau 1, qui signera la reprise intégrale de l’activité sur site, les agents de proximité s’habituent à de nouveaux rituels. « Notre retour sur le terrain a été très bien accompagné. Les groupements de travaux ont organisé des réunions, en visioconférence bien entendu, pour nous présenter les mesures sanitaires mises en place sur les chantiers et nous rappeler les gestes barrière à appliquer », indique Laetitia. « Nous avons des masques et du gel hydroalcoolique à disposition. Nous recevons également des mails quotidiens qui nous font part de l’évolution de la situation sanitaire ou de mises en garde. »

« Pendant le télétravail, le dialogue entre les équipes ne s’est jamais rompu », ajoute Laurence. « Nous avons aussi beaucoup échangé entre collègues. Ceux qui ont repris plus tôt que les autres ont partagé leur expérience sur la manière dont ils ont vécu ce retour sur leurs sites respectifs. »

Laurence se soumet au contrôle de température obligatoire avant de rejoindre la base vie.

GESTES BARRIERE

À la reprise des travaux, Laurence et Laetitia ont pu constater l’efficacité des dispositifs de sécurité sanitaire déployés sur leurs chantiers. « À l’entrée des sites, tous les visiteurs sont soumis à un contrôle de température. Nous devons également remplir un questionnaire de santé pour énumérer les éventuels symptômes ressentis sur une période de quinze jours », indique Laetitia. « Avant de pénétrer sur le chantier et de rejoindre la base vie, le lavage des mains est obligatoire. Un évier a été placé juste derrière les tourniquets. Savon, essuie-mains et poubelle sont à la disposition de tous. Pour faire couler l’eau, pas besoin de toucher le robinet. Il suffit de poser son genou sous l’évier et le tour est joué ! »

Hors du chantier, la discipline reste au rendez-vous. « Une personne âgée a été surprise quand je lui ai dit qu’on ne pouvait pas encore se serrer la main », explique Laurence. « Les communes dans lesquelles je travaille ont été très touchées par le Covid-19. Cela m’angoissait un peu avant le confinement, mais l’application des gestes barrière me rassure aujourd’hui.»

Lavage des mains obligatoire pour Laetitia à l'entrée du chantier.

TRAVAIL PEDAGOGIQUE

Même s’ils étaient moins nombreux, les appels téléphoniques passés aux agents de proximité n’ont pas cessé pendant l’arrêt des travaux. « Les riverains me signalaient une fuite d’eau, un déclenchement d’alarme, ou encore des projecteurs allumés suite à des intrusions sur un chantier…», raconte Laetitia.

Lors du redémarrage des chantiers, les agents de proximité ont été particulièrement mobilisés, expliquant ici la nécessité d’une telle reprise, là l’aménagement des horaires, ou encore la programmation des travaux les plus bruyants à des horaires adaptés.  « Il a fallu redoubler de pédagogie, notamment auprès des personnes qui étaient tenues de rester à domicile parce qu’elles devaient télétravailler ou parce qu’elles étaient en chômage partiel. »

Les gestes barrière font partie des nouveaux rituels des agents de proximité lors des échanges avec les riverains.

RIVERAINS « RÉFÉRENTS »

Pour Laurence, « entretenir une relation solide avec les habitants est primordial. Pendant mes rondes, je passe toujours saluer ceux avec lesquels j’ai tissé un lien privilégié. Quand je veux connaître la température d’un quartier, je les appelle et ils me racontent. Ils m’envoient des photos, des vidéos… Les riverains, je les appelle mes référents. On dit que les agents de proximité sont les yeux et les oreilles de la Société du Grand Paris. Mais nos yeux et nos oreilles à nous, ce sont eux ! Leurs témoignages sont précieux pour l’efficacité de notre travail. Nous le savions déjà, mais cette période de confinement qui nous a tenus loin des chantiers l’a confirmé... »

Durant ces deux mois de confinement, la Société du Grand Paris a tout mis en œuvre pour garder le contact avec les riverains. A partir du 20 avril, 124 info-flash numériques - dont 82 pour la ligne 15 Sud, 37 pour la ligne 16 et 5 pour la ligne 17 -, leur ont été adressés par mail pour les prévenir de la reprise progressive des travaux. Deux newsletters, qui ont enregistré un taux d’ouverture supérieur à 40%, ont également été envoyées auprès de 27 000 abonnés.  En renfort de la permanence téléphonique assurée par les agents de proximité, l’Unité riverains de la Société du Grand Paris a créé une boîte mail dédiée afin de maintenir le dialogue et poursuivre l’instruction des dossiers d’indemnisation par voie dématérialisée.