#EnChantier - Le programme d’insertion de la Société du Grand Paris prévoit de consacrer 5% des heures de main d’œuvre nécessaires à la réalisation du chantier aux personnes éloignées de l’emploi. Aujourd’hui, plus d’une centaine de contrats de travail sont en cours d’exécution pour les cinq premiers marchés de génie civil de la ligne 15 Sud. Rencontre avec Aurore Szezur, Ruddy Lamaille et Wilfried Kacou.

« J’avais vraiment besoin de travailler. J’étais prête à étudier toute offre d’emploi. Au départ, on m’a proposé de compter les déblais qui sortaient d’un chantier du Grand Paris Express. Finalement, j’ai été orientée vers un poste d’assistance RH au sein du groupement Horizon (Bouygues Travaux Publics/Soletanche Bachy) qui travaille entre les gares Villejuif Louis-Aragon et Créteil L’Échat de la ligne 15 Sud, ce qui correspondait davantage à mon profil. » Aurore Szezur est chargée de l’accueil administratif et de la collecte de divers documents. Sans elle et ses badges, impossible pour le nouveau personnel d’accéder aux chantiers. Au cours des prochains mois, ses tâches seront amenées à évoluer, tout comme son statut, puisque son contrat d’insertion se transformera en CDI de chantier.

Aurore Szezur, assistante RH au sein du groupement Horizon

Clauses de responsabilité sociale

Pilotant la construction du nouveau métro, la Société du Grand Paris s’est engagée à développer l’emploi local et l’insertion sur l’ensemble de ses chantiers. Dans ce cadre, neuf conventions de partenariat ont déjà été signées avec des territoires traversés par le Grand Paris Express : six traversés par la ligne 15 Sud, situés dans le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine et la Seine-et-Marne, et trois en Seine-Saint-Denis, desservis par la future ligne 16. Les collectivités reçoivent ainsi une subvention de 60 000 euros par an, pendant cinq ans, afin de mettre en œuvre des clauses de responsabilité sociale et faciliter les contacts entre les personnes en recherche d’emploi, les entreprises et les PME locales.

Avec ce contrat d’insertion de deux ans, Aurore est l’une des bénéficiaires de cet engagement. La jeune femme de 29 ans détient un Master d’histoire et un Master 2 en relations internationales et actions à l’étranger. Elle a accumulé les missions d’intérim jusqu’à sa première maternité. Puis a connu une longue période de chômage avant d’intégrer, via Pôle emploi, le programme européen d’aide à l’embauche… et enfin l’aventure du Grand Paris Express.

Originaire de Guadeloupe, Ruddy Lamaille, lui, a trouvé un poste à Villejuif. Cet électricien de 35 ans se charge notamment de l’alimentation des pompes et de l’éclairage des chantiers situés entre les futures gares Fort d’Issy - Vanves - Clamart et Villejuif Louis-Aragon. Bien qu’ayant obtenu un BEP Comptabilité, Ruddy a choisi de se réorienter après plusieurs années dans la manutention pour accéder à un poste avec plus de responsabilités. Malgré un CAP Electricité en poche, il ne parvient pas à trouver un emploi à cause de son manque d’expérience dans le domaine. Demandeur d’emploi longue durée, il se rend au Forum Emploi de Villejuif en juin 2017. C’est là qu’il rencontre Eric Valy, chargé de mission clauses d’insertion à la direction du développement social urbain à l’Etablissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre. Grâce à son intervention, il est rapidement positionné sur une offre d’emploi du groupement CAP (Vinci Construction/Spie Batignolles) et signe son premier contrat d’insertion le 3 juillet. Celui-ci devrait déboucher sur un CDI chantier.

Ruddy Lamaille, électricien affecté au lot T3C de la ligne 15 Sud

Le sentiment d’écrire l’histoire

En passant récemment de nouvelles conventions de partenariat avec les territoires Vallée Sud – Grand Paris, Grand Paris Sud Est Avenir, Plaine Commune et Paris Terre d’Envol, la Société du Grand Paris continue ses efforts et renforce son engagement en faveur de l’emploi local et de l’insertion. Son ambition : que le nouveau métro soit une source d’opportunités pour le plus grand nombre. Gardien du chantier Noisy – Champs depuis son démarrage en août 2016, Wilfried Kacou, lui aussi chômeur de longue durée après plusieurs licenciements économiques, a trouvé sa vocation. « C’est la première fois que je ne pense pas à partir, à faire autre chose » affirme-t-il. « J’aime cet environnement de la construction, des travaux publics et je tiens particulièrement à remercier l’équipe encadrante du groupe Dacquin et du constructeur Léon Grosse. » Issu d’une formation AFPA en réseaux informatiques, l’homme de 32 ans a signé un CDI. Il assure, en journée, l’accueil, la sécurité et la gestion logistique du site, sous l’œil bienveillant des mascottes du chantier, les poules Fifi, Fafa et Lala. « A terme, je ferai peut-être une formation de grutier. Pour l’heure, je suis content d’être à ce poste. J’écris l’histoire, quelque part… »

Wilfried Kacou, gardien du chantier Noisy - Champs