Le cap des deux millions d’heures dédiées à l’insertion vient d’être franchi sur les chantiers du Grand Paris Express. Un chiffre symbolique qui témoigne de la montée en puissance des travaux malgré la crise sanitaire.

Travaux de parois moulées sur le chantier de la gare Pont de Sèvres du Grand Paris Express

Depuis le démarrage des travaux du Grand Paris Express, plus de deux millions d’heures en insertion ont été réalisées par des personnes qui étaient éloignées de l’emploi. La moitié de ces heures a essentiellement été effectuée sur l’année 2020. Ce résultat atteste de la multiplication des chantiers sur l’ensemble des lignes malgré la crise liée à la Covid-19.

Poussée de la ligne 17 

Le tronçon Sud de la ligne 15, le premier en travaux, représente logiquement le plus d’heures en insertion. Il a franchi la barre du million en 2020, avec près de 1 200 bénéficiaires, suivi de près par la ligne 16, qui en comptabilise plus de 700.

Commencés fin 2019, les travaux de génie civil se sont accélérés sur la ligne 17, dont le premier tunnelier, Florence, vient de démarrer sa course. Elle totalise déjà plus de 40 000 heures en insertion, contre à peine 400 il y a un an.

Le nombre d’heures en insertion a également plus que doublé sur le tronçon Sud de la ligne 14, dont la maîtrise d’ouvrage est déléguée à la RATP.

A noter enfin l’entrée en scène de la ligne 18 qui comptabilise ses 16 premiers contrats en insertion.

Une dynamique qui va s’amplifier

Près de 2 300 personnes ont déjà bénéficié d’un contrat en insertion depuis le début des travaux. Elles étaient 616 en septembre 2018, puis 1 400 en octobre 2019. Cette dynamique est amenée à s’intensifier dans les mois à venir, puisque, depuis octobre dernier, les groupements d’entreprises qui travaillent avec la Société du Grand Paris ont pour obligation de réserver 10% des heures travaillées sur les chantiers aux publics éloignés de l’emploi, contre 5% auparavant.

Sur ces 2 300 bénéficiaires, 1 500 sont des demandeurs d’emploi longue durée et des jeunes de moins de 26 ans sans qualification. Un peu plus de 500 contrats ont été signés par des allocataires de minimas sociaux et des personnes en grande précarité, et 150 par des seniors de plus de 50 ans.

Davantage de postes ouverts aux femmes

Un effort de féminisation de la clause et de reconnaissance de la qualité des travailleurs handicapés (RQTH) est également engagé. « Les chantiers du Grand Paris Express ont permis de féminiser le secteur de la construction car le volume d’heures dédié aux métiers support est plus important. Les femmes représentent aujourd’hui environ 20% des bénéficiaires sur la ligne 16 et le tronçon Sud de la ligne 15 » explique Nasser Mehiris, référent territorial sur le tronçon Sud de la ligne 15 à la Maison Intercommunale de l’Insertion et de l’Emploi, qui travaille en étroite collaboration avec la Communauté d’Agglomération Paris – Vallée de la Marne. « L’intitulé des métiers du BTP est souvent masculin, » précise-t-il. « Parler d’agent de trafic à la place d’homme trafic change toute la donne, surtout que ce poste est tout à fait adapté aux femmes. »

 Portrait de Peggy Aïchouchen, bénéficiaire de la clause d'insertion de la Société du Grand Paris
Peggy Aïchouchen
Agent de trafic, c’est justement l’emploi qui a été proposé à Peggy Aïchouchen, 38 ans. Suite à un problème de santé survenu en 2014, elle bénéficie d’une reconnaissance RQTH. « J’ai intégré le chantier de la future gare Sevran Beaudottes en octobre 2019. Après un an d’intérim, j’ai signé un CDI de chantier avec Webuild » confie-t-elle, enthousiaste. « Je me suis inscrite à Pôle emploi en juillet 2017. Ma conseillère m’a dirigée vers Cap Emploi, spécialisé dans l’insertion des personnes en RQTH. J’ai alors enchaîné des missions d’intérim mal adaptées à mon handicap », poursuit-elle. « Je me suis ensuite rapprochée de Pro Emploi de Lognes. Cette agence d’intérim d’insertion handi-accueillante travaille avec les structures d’insertion en relation avec la Société du Grand Paris. On m’a alors proposé le poste d’agent de trafic, enfin conforme à mon handicap qui ne me permet pas de rester debout de façon prolongée. »

 

Comme Peggy Aïchouchen, de nombreux bénéficiaires de la clause d’insertion de la Société du Grand Paris rejoignent un univers qui leur était complètement inconnu. « Avant mon accident, je travaillais dans le médico-social. Le BTP est un monde d’hommes, mais je m’y sens très bien. Je suis épanouie et j’ai trouvé une nouvelle famille. Je ne me vois plus travailler dans un autre secteur. Je compte bien me battre pour y rester ! »

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