L’exposition Métro en vues raconte le Grand Paris Express au travers du regard de 16 étudiants en photographie de l'école Louis-Lumière. Pour découvrir le chantier du siècle, ne manquez pas cette déambulation à la Fabrique du métro. 

HomoExMachina

Une fois en service, le métro accélèrera considérablement nos temps de trajet. Sa construction, en revanche, s’inscrit dans le temps long, nécessaire à la concrétisation des grands desseins qui façonnent leur époque. Ces projets structurants sont des legs qu’une génération transmet à la suivante. Et c’est cette jeune génération, celle qui empruntera demain le Grand Paris Express, qui nous convie à nous arracher à l’urgence de notre quotidien, pour explorer ce temps long. La Société du Grand Paris a joué le jeu. Elle a accepté d’être bousculée par de jeunes artistes qui se sont  appropriés, en pleine liberté, le projet du nouveau métro. 16 étudiants en photographie, en deuxième année à l’École nationale supérieure Louis-Lumière, se sont exprimés sur les travaux de construction en particulier et sur les mutations de la ville en général. Leur regard n’est en rien dénué de l’audace propre à la jeunesse. Ces yeux, l’une des étudiantes a voulu les clore. Planté au milieu des gravats, paupières baissées, un compagnon du chantier s’extrait un instant du quotidien des travaux. Les yeux fermés, une habitante du Blanc-Mesnil songe aux prés de jadis, rappelant combien ces territoires ont été remodelés par l’urbanisation de la région parisienne. Elle semble imaginer les transformations à venir.

Centaures et gardiens du temple

En toute logique, c’est la maison du projet, la Fabrique du métro, qui abrite cette exposition. La photographie révèle la dimension  épique du Grand Paris Express. L’irruption du métro s’assimile à un grand fracas, un passage obligé pour construire la ville de demain. Telles des forteresses, les emprises de chantier sont fermées, ceinturées par de hautes palissades. C’est d’autant plus spectaculaire que ces travaux s’opèrent, bien souvent, au coeur même de la ville, là où le besoin de désenclavement se faisait urgent. Des machines et engins prennent les emprises d’assaut. De hauts silos, des grues babéliennes ou des hydrofraises découpent la ligne d’horizon. Les hommes et les femmes font corps avec les machines, jusqu’à s’apparenter à des centaures du XXIème siècle. Les destructions redessinent les paysages environnant les gares et les ouvrages de service, disséminés le long du tracé. Des bâtiments d’allure altière sont réduits en amas de matériaux. Une fois la nuit retombée sur le chantier, place aux agents de sécurité. Rencontre avec Vadim, le gardien de cet immense sanctuaire à Aulnay-sous-Bois. En journée, les chantiers connaissent des temps de respirations. Au-delà des gravats et des machines, ces emprises sont avant tout des lieux de vie. Équipés de gilets flashy orange ou jaune, les compagnons prennent la pause, le temps d’un clic-clac. D’autres exposent le repas du jour : lentilles, yaourts et kiwis au menu.

Dans le ciel du Grand Paris 

Au-delà des palissades, la vie se poursuit également dans la ville. Les facteurs distribuent le courrier aux riverains. Pour se rendre chez l’esthéticienne ou boire un café, les clients empruntent les cheminements piétons qui longent les chantiers. Un étudiant s’intéresse aux commerces de ces quartiers de gare en pleine mutation. Comment vivront-ils avec des travaux d’une telle ampleur ? Que deviendront-ils une fois les gares mises en service ? En  attendant de plonger dans les entrailles de la métropole avec un nombre inédit de tunneliers, c’est dans le ciel bleu et blanc du Grand Paris que le nouveau métro affirme sa démesure. Une grue s’y déploie tel un éventail rouge géant. Un spectacle tricolore capté par cette jeune génération de la photographie, comme pour saluer ce souffle de renouveau. Et leur inspiration n’a pas fini de nous transporter.

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Informations pratiques :

Métro en vues
Exposition photographique des étudiants de l’École nationale supérieure Louis-Lumière
à la Fabrique du métro
50, rue Ardoin
Parc des Docks
Bâtiment 563, travées E et F
93400 Saint-Ouen

Jours et horaires d’ouverture 
Visite en accès libre lors de journées portes ouvertes, les samedis 2 février, 2 mars et 6 avril, de 11h à 18h.

Visite guidée du lundi au vendredi, avec inscription obligatoire