Une dizaine de réfugiés afghans, soudanais, érythréens, mauritaniens et somaliens a visité le 19 octobre la Fabrique du métro. Une découverte qui s’inscrit dans un parcours d’insertion destiné aux personnes les plus éloignées de l’emploi.

Réfugiés et médiateur autour de la table tactile

« Qu’est-ce que c’est ? », demande Idrissa au médiateur de la Fabrique du métro en pointant du doigt la maquette du tunnelier vertical. Comme dix autres réfugiés, il participe ce 19 octobre à un atelier de sensibilisation aux métiers du BTP organisé par le CREPI, Club régional d’entreprises partenaires de l’insertion.

Créé il y a une vingtaine d’années, le CREPI a notamment pour mission d’aider au recrutement de personnes éloignées de l’emploi dans le cadre de clauses d’insertion. Pour réaliser le nouveau métro, les groupements d’entreprises qui travaillent avec la Société du Grand Paris ont ainsi pour obligation de réserver, à ce jour, au moins 5 % des heures de travail à des publics rencontrant des difficultés d’insertion professionnelle.

« Destination emploi » : un projet d’insertion réservé aux primo-arrivants

Les réfugiés visitent la Fabrique du métro
« La Fabrique du métro est un outil très intéressant quand on aiguille des demandeurs d’emploi vers les métiers du BTP » reconnait Céline Demoly, chargée de mission au CREPI Île-de-France, présente aujourd’hui aux côtés de ces réfugiés qui ont intégré le programme « Destination emploi ». Mise en place depuis deux ans, cette action de mobilisation et d’accompagnement personnalisé vers l’emploi a pour objectif de favoriser l’insertion professionnelle durable des primo-arrivants.

« Ce projet a été conçu en partenariat avec plusieurs entreprises du bâtiment et des travaux publics à la recherche de profils d’ouvriers polyvalents du BTP », explique Céline Demoly. « Le public réfugié est très motivé, mais est confronté à différentes problématiques liées à la langue, la mobilité, la formation, l’expérience professionnelle et au logement. Le but de ce parcours d’insertion de 12 mois est de lever tous ces freins. Nous proposons d’abord à ces primo-arrivants des cours quasi quotidiens de français à visée professionnelle, des ateliers culturels et des visites de chantiers. Ils effectueront également un stage début décembre pour préparer leur intégration sur le terrain. »

À la découverte des chantiers du Grand Paris Express

« Métro automatique ? », « Comment on pose les rails ? », « Terre la plus dure à travailler ? » Malgré un français hésitant, les réfugiés montrent leur intérêt pour les chantiers du Grand Paris Express. « Ce genre de visite permet de voir qui a le plus d’affinité avec quel type d’emploi » commente Céline Demoly. « La motivation est le critère qui prime pour intégrer notre programme. » Captivés par la maquette du tunnelier, ces Afghans, Soudanais, Erythréens, Mauritaniens et Somaliens, âgés de 21 à 35 ans, s’étonnent  lorsque le médiateur leur indique le rythme de progression de ce train usine, soit 10 à 12 mètres par jour. Après la découverte des maquettes à échelle 1 du quai et de la future rame des lignes 15, 16 et 17, le groupe s’attarde sur la table tactile, qui propose une modélisation en 3D des gares du nouveau métro et des territoires franciliens desservis. « Quelle est la gare la plus grande ? » demande l’un des visiteurs au médiateur, pendant qu’un autre compare la forme du tracé de la ligne 15 aux contours de l’Afghanistan.

Les réfugiés découvrent la maquette du tunnelier

Sélectionnés l’été dernier en fonction de leur intérêt pour les métiers du BTP, leur parcours, leur assiduité aux différentes réunions d’information et leur niveau de français, ces primo-arrivants intégreront, en janvier prochain, des chantiers de construction de logements et de bureaux. Cinq d’entre eux travailleront, en tant que coffreurs, sur l’un des chantiers du Grand Paris Express dans le cadre de la signature d’un contrat de travail de huit mois avec Humando, agence d’intérim d’insertion. Ils alterneront périodes de travail effectif et périodes de formation au centre Afor TP à Montreuil.

En 2018 et 2019, les deux premières sessions de « Destination emploi » ont obtenu de très bons résultats avec 96% des primo-arrivants actuellement en emploi ou en formation. Sur 24 personnes accompagnées :
- 4 sont en CDI (dont 2 incluant un contrat de professionnalisation)
- 2 sont en contrat de professionnalisation portés par Humando
- 3 sont en intérim Humando
- 2 sont entrées en formation
- 1 est en attente de formation
- 12 sont toujours en contrat d'alternance avec Humando (session 2019)

Au 1er juillet 2020, plus de 1,6 millions d'heures en insertion ont été réalisées par des personnes éloignées de l'emploi sur les chantiers du Grand Paris Express. Au total, 1 865 personnes ont bénéficié des contrats en insertion depuis le début des travaux.