Les passionnés de métro et de l’aventure du Grand Paris Express guettaient fébrilement sa réouverture. Fermée au grand public depuis octobre dernier, la Fabrique du métro a pu reprendre sa vocation de vitrine du projet, avec quelques nouveautés à la clé.

Journée porte ouverte fabrique
Les passionnés du nouveau métro attendaient cette réouverture depuis octobre...
Léopold découvre, pour fêter ses 7 ans, la Fabrique du métro.
Antoine et son frère solidement accrochés à la maquette de la rame.
Découverte en famille du nouveau métro sur lequel le père travaille.
Quatre passionnés qui attendaient cette journée avec impatience.

Devant la maquette de la future rame, une maman lit à son fils : « Ce sera la rame des lignes 15, 16 et 17 ». « Et pas sur la ligne 18 ? », rebondit le petit Antoine, bien renseigné du haut de ses 5 ans. Pour ravir son garçon dont « métro » figurait parmi ses premiers mots, sa mère se rendait régulièrement sur le site de la Société du Grand Paris. Le rêve d’Antoine fut finalement exaucé le 5 juin, à l’occasion de la première journée portes ouvertes de 2021. « Je pensais que mon fils était le seul à être passionné, mais je découvre ici que beaucoup d’autres enfants semblent tout aussi mordus », constate sa mère.

Encore mieux qu’en photos

La Fabrique du métro était fermée depuis octobre au grand public. À la faveur du déconfinement progressif, les lieux renouent avec leur vocation de vitrine du Grand Paris Express. « Cette journée donne le signal d’une vie qui repart, souligne Coraline Knoff, responsable de la Fabrique du métro. Nous sommes ravis d’accueillir le public dans les coulisses du travail qui s’est poursuivi pendant cette période de fermeture. » Pendant ce temps, la Fabrique n’a pas chômé, elle a poursuivi ses activités d’expérimentation. Les visiteurs ont ainsi découvert les façades de quais, tout juste posées.

Ces façades, tout comme la rame, Beniamino en était déjà familier. « Ma passion, ce sont les voitures, mais mon fils préfèrent les transports en commun », s’amuse son père. Pour sa première visite à la Fabrique, ce garçon de 13 ans visualise de ses propres yeux ce qu’il avait déjà longuement observé sur des photos. « C’est plus beau que sur les photos », réagit à chaud Beniamino, les yeux brillants. « Dans la rame comme sur le sol des quais, on ressent une ambiance apaisante, alors que souvent dans le métro, on ressent du stress et de la pression. » Il passe en revue les caractéristiques de la rame dont il loue la largeur, la luminosité et l’abondance d’information voyageur. Cet observateur attentif adresse même un satisfecit aux courbes dessinées sur les sièges qui lui rappellent les lignes du métro…

Léopold, âgé de 7 ans, est venu ici accompagné de sa marraine, juriste à la Société du Grand Paris. Il y découvre cette « grosse machine », capable de creuser à l’horizontale et à la verticale [un tunnelier] et qu’on peut réutiliser les terres excavées des tunnels pour les transformer en briques.

Si les enfants et les adolescents se sentent à l’aise à la Fabrique, c’est parce que le site est « très bien pensé pour les enfants, très ludique », comme le commente Lucile, une autre visiteuse. Son époux, qui travaille sur le pilotage du planning du nouveau métro, dévoile ces pans de son travail à sa famille. « Quand mon mari m’a parlé de cette exposition, je n’étais pas certaine que cela allait  intéresser nos trois filles... En fait, ça passionne : les trains ou métros, ça n’est pas que l’affaire des garçons ! ». Conquise par les lieux, la famille s’étonne de la couleur bleue de la rame. « C’est drôle, je m’attendais à du vert, explique Lucile, mais on s’y fera très bien, comme on s’est habitué au changement de couleur du ticket de métro ! ».

Une reprise plus globale

Les médiateurs de la Fabrique sont en nombre pour assouvir la curiosité et répondre à des questions parfois pointues. Surtout quand ils tombent sur Louis-Marie, Karim, Daryll et Badji, ce quatuor issu de Paris, du Bourget et de Sarcelles. Âgés de 15 à 19 ans, leur amitié s’est construite autour de leur passion pour le monde des transports. Ils aspirent d’ailleurs à devenir conducteur, contrôleur ou poseur de signalétiques. Incollables, ils dédient leurs comptes Instagram à cette thématique. Pour rien au monde, ils n’auraient raté cette réouverture du lieu. Ils notent d’emblée la présence des espaces pour les personnes handicapées et les possibilités de recharger les batteries de téléphone. « C’est lumineux, comme pour le T9 [tramway 9], on sent la patte d’Île-de-France Mobilités », note l’un ; « l’atmosphère est paisible, on se sent dans le futur, ça donne envie de voyager », ressent un autre ; « la couleur rouge rappelle un peu Londres », remarque encore un troisième. Ils étaient ensemble pour inaugurer le T4 et ils seront assurément réunis pour assister à la mise en service des premières gares des lignes 15 et 16.

En attendant la fin des travaux, ils auront l’occasion de revenir à Saint Ouen pour suivre les évolutions du projet. La prochaine journée portes ouvertes est prévue le samedi 3 juillet. À vos agendas !

Notez qu'il est également possible aussi de réserver des visites en semaine, du lundi au vendredi (gratuit sur réservation ici).