À l’écoute d’un territoire et de ses musiques

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Concert à Pierrefitte-sur-Seine, dans le cadre de la programmation du Festival Métis ©FSD/Métis - Ch. Fillieule
Concert à Pierrefitte-sur-Seine, dans le cadre de la programmation du Festival Métis ©FSD/Métis - Ch. Fillieule

Le partenariat entre la Société du Grand Paris et le Festival de Saint-Denis entre dans sa troisième année. Avec une ambition : faire voyager les plus jeunes habitants du territoire Plaine Commune.

Avec ses 68 gares et 200 kilomètres de lignes, le nouveau métro desservira 270 musées, salles de spectacle et autres galeries d’art. Pour affirmer dès aujourd’hui cette dimension culturelle à l’échelle de la métropole, la Société du Grand Paris a noué un partenariat avec le Festival de Saint-Denis. Les deux structures, ancrées dans le territoire de Plaine Commune, partagent la même volonté : susciter la curiosité des écoliers, leur offrir un accès à la culture, leur offrir un accès aux arts.

Deux mois de concerts
Ce 9 mai, l’auditorium des Archives nationales de Pierrefitte-sur-Seine affiche complet. Dans la salle, une trentaine de collégiens a pris place. Ils viennent de Pierrefitte et de Stains. Sur scène, la violoncelliste Ophélie Gaillard et la chanteuse syrienne Waed Bouhassoun ; elles sont accompagnées par la percussionniste Michèle Claude et le flûtiste Moslem Rahal.

Le concert qui se joue ce soir est le premier du Festival Métis, le jeune frère un brin turbulent d’une autre institution culturelle, le Festival de Saint-Denis ; en juin, ce dernier fête d’ailleurs ses 50 ans. Les concerts vont ainsi se succéder pendant deux mois. L’ambiance est bon enfant. Sur scène, bien sûr, où les quatre artistes se répondent, se croisent et se mêlent dans une parfaite harmonie. Mais aussi dans la salle. Certes, quelques applaudissements fusent trop tôt, mais, peu à peu, le jeune public prend ses marques. D’abord timides sur Bach, les collégiens se laissent embarquer par les variations des Folies d’Espagne, de John Playford, puis des mélodies arabo-andalouses. Les collégiens photographient, enregistrent… quand ils ne peuvent pas applaudir, de peur de lâcher le téléphone qui immortalise la soirée, ils n’hésitent pas à se lever et à clamer leurs bravos. L’alchimie s’opère. Erik Satie conclut la soirée avec une Gnossienne n° 1 aux accents orientaux, tandis que les élèves quittent la salle sur la pointe des pieds : le bus scolaire n’attend pas.

Deux festivals, une même histoire
 « Dès le départ, nous avons ressenti le besoin d’ancrer notre travail dans ce territoire de Plaine Commune où se côtoient 150 nationalités, raconte Nathalie Rappaport. Nous ne pouvions pas être un îlot déconnecté, nous devions créer des passerelles entre les musiques, les villes, les associations, entre les établissements scolaires. »

Le Festival Métis est davantage centré sur les musiques du monde. Le Festival de Saint-Denis, quant à lui, est devenu un rendez-vous incontournable de la musique classique. Mais les deux festivals racontent la même histoire. Dans des univers différents, simplement. Et les deux développent des actions de sensibilisation en faveur de la jeunesse tout au long de l’année. « Pour cette édition, nous intervenons dans 73 classes de primaire et dans plus de 60 classes de collège », rappelle la directrice du Festival de Saint-Denis.

Apprivoiser la musique
Depuis 25 ans, ces aventures musicales ont touché 150 000 à 200 000 enfants du département. Nathalie Rappaport observe cette génération qui a croisé les plus grands noms de la musique, d’Ibrahim Maalouf à Riccardo Muti, de Goran Bregović à Renaud Capuçon. « Certains de ces jeunes, qui vivent à Saint-Denis ou juste à côté, ont découvert la basilique à l’occasion d’un concert. Ils n’avaient jamais eu l’occasion d’entrer dans une église. Plusieurs s’impliquent désormais dans le mouvement associatif et font partie de cette communauté qui gravite autour des deux festivals. L’idée n’est pas de faire de tous ces jeunes des musiciens. Il ne s’agit pas de faire de la démagogie. Mais nous voulons permettre à des jeunes de s’habituer à aller au concert, d’en saisir les codes, d’en comprendre le langage, d’être à l’écoute. »

 

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Après ce premier concert à Pierrefitte-sur-Seine, le Festival Métis fait escale à Saint-Ouen (le 10 mai), à La Courneuve (le 11 mai), puis au parc Georges-Valbon de La Courneuve (le 14 mai), à Epinay-sur-Seine (le 15 mai), à Aubervilliers (le 16 mai), à Villetaneuse (le 18 mai), à Stains (le 22 mai), à L’Île-Saint-Denis (le 23 mai) et, enfin, à Saint-Denis, avec un concert d’Ibrahim Maalouf à la basilique (le 7 juin).

Le Festival de Saint-Denis se tient du 30 mai au 30 juin. Pour son cinquantième anniversaire, le Festival invite l’un des meilleurs orchestres européens, le Mahler Chamber Orchestra, et met à l’honneur Mahler et Monteverdi, deux compositeurs emblématiques.